Juste avant les vacances, le menu du conseil communal de la Ville de Bruxelles était particulièrement chargé, avec de nombreux points à l'ordre du jour entre le stade national, le nouveau logo et ce piétonnier qui a tant fait parler de lui. Des dossiers sur lesquels l'opposition a tenu à interpeller la majorité, et plus particulièrement le bourgmestre Yvan Mayeur. Mais selon les figures de proue de l'opposition, les réactions de l'homme fort de la Ville ont été plutôt véhémentes.

"Chaque fois qu'on pose une question, on est interrompu, et les réponses sont données comme si on ne les méritait pas" explique Marie Nagy, chef du groupe Ecolo-Groen à la Ville de Bruxelles, contactée par LaLibre.be. "C'est une attitude insupportable, et peu respectueuse, car c'est le boulot du conseil communal d'interroger la majorité".

"En tant que membre de l'opposition, j'ai commencé par saluer le lancement du piétonnier" enchaîne Hamza Fassi-Fihri (cdH), également interrogé par LaLibre.be. "J'ai simplement voulu attirer l'attention sur le plan de circulation en demandant plus de concertation avec la Région. Là, le ton est monté. Le bourgmestre a nié ce que j'ai dit, s'en est pris aux autres membres de l'opposition. Il a été suffisant, arrogant, méprisant, insultant, et ça a été un ras-le-bol commun de l'opposition, qui s'est levée."

"On s'est levé comme un seul homme et on est tous partis" reprend Marie Nagy, qui souligne le caractère rarissime d'une telle démarche. Mais si l'opposition a tenu à quitter la salle, mettant un terme prématuré aux débats, c'est parce que "depuis que le bourgmestre est là, ça se dégrade au fur et à mesure des conseils. Son autoritarisme est tel que ce n'est pas possible. Il y a un minimum de respect à avoir vis-à-vis de l'opposition."

"C'est comme si le bourgmestre se sentait tout le temps attaqué" conclut la chef de groupe Ecolo-Groen. "Il en résulte une ambiance de terreur vis-à-vis de la minorité."