Dans le cadre des 150 ans du tram, nos confrères de La DH ont rencontré Philippe Van Nieuwenhoven, l’un des doyens des conducteurs de tram.

A lors que le tram bruxellois fête cette semaine son 150e anniversaire, nos confrères de La DH ont rencontré Philippe Van Nieuwenhoven qui, a 62 ans, est l’un des doyens des conducteurs de tram de la Stib. "Devenir conducteur de tram a toujours été un rêve d’enfant. C’est un métier qui m’a toujours fasciné depuis mon plus jeune âge ", confie Philippe Van Nieuwenhoven, 62 ans, qui, à l’approche des fêtes de fin d’année, aime se déguiser en père Noël. "C’est d’ailleurs comme cela qu’on me surnomme au dépôt d’Ixelles", sourit-il.

Mais être conducteur de tram à Bruxelles n’est pas un métier de tout repos. "Dans certains quartiers, c’est très chaud. Je constate un manque de courtoisie de la part d’une partie de la population. Certains ne comprennent par exemple pas qu’on doit suivre un horaire bien strict. Parfois, lorsqu’un usager court derrière le tram, je lui rouvre la porte, mais je ne peux pas faire ça systématiquement. Les personnes qui ratent leur tram m’adressent alors des insultes. Il faut prendre sur soi et garder son calme, c’est la clé de ce métier", explique Philippe.

Les dangers rencontrés au quotidien sont nombreux. "Les gens ne réalisent pas toujours le danger et oublient parfois que le tram a toujours priorité. Il arrive fréquemment que des voitures empruntent des virages sans se soucier de l’arrivée d’un tram, et l’accident est alors inévitable. J’ai eu ce cas de figure récemment. Les gens doivent bien garder en tête qu’un tram pèse plusieurs tonnes et que la distance de freinage est dès lors beaucoup plus longue."

Autre danger pointé du doigt : la distraction des piétons. "Bien souvent, les piétons traversent sans faire attention. Ils sont dans leur bulle avec leurs écouteurs ou rivés sur leur écran. On parle souvent des accidents qui surviennent sur le réseau de la Stib, mais jamais des accidents évités qui sont immensément plus nombreux. Tous les jours, j’en évite une dizaine", poursuit Philippe, qui jette par ailleurs un regard acerbe sur les nombreuses trottinettes qui se multiplient dans les rues de la capitale. "Ce sont des dangers publics ! Très souvent, ils déboulent à toute vitesse sans se soucier de nous et j’appelle les usagers de trottinettes à davantage de prudence car un jour un accident se produira !"

Enfin, Philippe liste les endroits qu’il considère comme les plus accidentogènes. "Parmi les endroits les plus dangereux, je pointerais le carrefour entre l’avenue Louise et la chaussée de Vleurgat, la chaussée de Waterloo où les voitures mal stationnées obstruent le passage du tram, ou le boulevard du Triomphe du côté d’Arsenal", conclut Philippe.