Bruxelles

«La ville de Bruxelles connaît une diminution du proxénétisme», s'est réjoui lundi le bourgmestre, Freddy Thielemans.

Il attribue cette baisse à l'augmentation des contrôles policiers menés dans les quartiers où cette prostitution fleurit, principalement les environs de la rue des Commerçants.

«Les résultats de cette politique ne sont pas définitifs mais ils sont satisfaisants. Il faudra maintenir la pression», souligne M. Thielemans qui estime que la taxation des hôtels de passe pourrait y contribuer. Ainsi, on dénombre quelque 466 contrôles administratifs en 2005 (436 en 2004) au cours de 23 opérations (13 en 2004) où 301 prostituées (293 en 2004 ont été contrôlées. En 2005, il y a eu 126 rapatriements directs (185 en 2004) et 47 ordres de quitter le territoire (59 en 2004) avec 27 arrestations de proxénètes (52 en 2004), a expliqué M. Thielemans. Le bourgmestre se réjouit tout particulièrement de ce dernier chiffre. «C'est énorme», insiste le bourgmestre qui met en avant la difficulté de rapporter la charge de la preuve dans ce type d'infraction.

Rendez-vous prohibés

Freddy Thielemans a indiqué que la répartition en termes de nationalité des prostituées est en train de changer. En effet, pour 2005, on comptait 37pc de filles originaires d'Europe de l'Est, 30pc d'Europe de l'Ouest, 17pc d'Amérique latine et 16pc d'Afrique noire. Le bourgmestre note que le nombre de Bulgares a diminué en 2005 et de Belges a augmenté, «preuve que nos actions ont eu un impact sur la traite des êtres humains».

Pour M. Thielemans, l'objectif essentiel est, en effet, cette lutte contre la traite des êtres humains et le proxénétisme plutôt que contre la prostitution, qui est légale. Vu que ces deux phénomènes sont surtout présents dans la prostitution de rue, il faut s'attaquer aux maisons de rendez-vous.

Raison pour laquelle Bruxelles, a rappelé M. Thielemans, va lever une taxe sur ces maisons de rendez-vous (2500 euros annuels par local). «La tutelle régionale a donné son accord sur cette taxe qui sera effective dans les prochaines semaines», a dit M. Thielemans.

Activités déplacées

Le bourgmestre évalue à 14 le nombre de ces hôtels de passe. «Quand j'ai entendu les réactions horrifiées des propriétaires, je crois que l'on a visé juste», souligne encore M. Thielemans. Pour lui, le déplacement des prostituées vers les voitures ou les terrains vagues n'est pas véritablement un problème, comme l'affirment certaines associations qui suivent les prostituées. «Là au moins, c'est visible, c'est immédiatement interceptable. Il y a des possibilités d'intervenir et de constater», dit M. Thielemans. Bruxelles compte trois quartiers de prostitution: Louise (haut de gamme), Fontainas (homme) et rue des Commerçants et alentours (prostitution de rue).

C'est dans ce dernier quartier que les plaintes de riverains se multipliaient. «Elles ont diminué», dit M. Thielemas qui l'attribue aux nombreux contrôles effectués sur les voitures de clients circulant dans ces rues qui ont été mises en circulation locale.

© La Libre Belgique 2006