Début juillet, devant l'hôpital d'Ixelles, les autorités communales ixelloises inauguraient une fresque en l'honneur du personnel soignant. Cette fresque a été réalisée par la graffeuse Amandine Lesay sur le mur d'une maison inoccupée rue Jean Paquot. Cette maison, comme sa voisine, appartiennent au CPAS et sont vouées à être démolies pour laisser la place à un projet de logements à loyers modérés et d'un centre de jour pour personnes âgées.

Pour la conseillère communale de l'opposition, Kathrine Jacobs (Objectif XL) "c'est du gâchis". "Cette maison est inhabitée depuis 2005 et risque de s’effondrer, cela ne me semblait pas le lieu le plus adéquat pour une fresque, précise la conseillère. Et maintenant, j’en ai la confirmation puisque j’ai appris que la maison va être détruite et donc la fresque aussi."

La conseillère a en effet interpellé le président du CPAS d'Ixelles au conseil communal. "Il s'agit des maisons situées au 57 et 59 rue Jean Paquot, précise Hassan Chegdani (PS), président du CPAS. Il y a un projet de six à dix logements à loyers modérés et un centre de jour pour personnes âgées pour lutter contre l'isolement. Dans la mandature précédente, il y avait déjà un projet de construction pour des logements à loyers aux prix du marché mais il n'a pas été accepté par les riverains car démesuré. Notre projet est moins ambitieux et répond aux besoins de la population."

"Nous sommes la commune la moins dotée en logements sociaux de la région et ces logements apporteront une offre de loyers modérés", ajoute Hasan Chegdani. Le cahier des charges vient d'être finalisé et les travaux ne sont pas prévus avant 2024. En revanche, l'abattage des maisons se fera courant 2022 ou 2023. Pour des raisons de sécurité, les maisons sont inhabitables et murées. "Dans le cadre d'un marché public, des ingénieurs procèdent à la consolidation des deux maisons. Nous effectuons également un suivi de stabilité", poursuit le président socialiste.

Concernant la fresque peinte sur le mur d'une deux bâtisses : "J'espère qu'elle va partir avec le Covid, précise l'élu. c'était un message de soutien à un moment donné. La fresque reste là encore deux ans".

"La majorité a agi dans la précipitation, sans prendre en compte tous les paramètres, regrette Kathrine Jacobs. Cette mauvaise gestion a un coût financier car la fresque a coûté 17 500 euros mais elle a aussi un coût émotionnel pour le personnel soignant et les malades. Cette fresque est donc temporaire alors que le message qu’elle véhicule ne l’est pas, c’est dommage. En plus, des solutions plus pérennes existaient, si la fresque avait été faite sur une bâche apposée à la maison, il aurait été possible de la déplacer et de la replacer à un autre endroit de la commune".