Alors que les trois prisons que compte la Région sont amenées à terme à fermer leurs portes en raison de leur vétusté, la méga-prison de Haren destinée à les remplacer à l’horizon 2016 se précise.

Le futur centre pénitentiaire sera le fruit d’un partenariat public-privé. Actuellement, quatre consortiums privés ont été présélectionnés pour mener à bien ce projet.

Le lauréat sera connu après l’été. Il devra assumer des missions très diverses. Il construira la prison à ses frais et pourvoira à sa maintenance et à son entretien. La société assumera également des services destinés aux prévenus : nourriture, mise au travail, etc. Le gardiennage restera bien entendu de la compétence de l’Etat fédéral. En contrepartie, le privé percevra pendant 25 ans une indemnité, passé cette échéance, l’Etat deviendra propriétaire de la prison.

Avec ses 1 190 places, Haren est destinée à devenir la plus grande prison du pays, regroupant plusieurs institutions. On y trouvera trois établissements pour hommes, deux pour femmes et un pour mineurs. Le complexe sera aussi doté d’une structure pour la détention préventive et d’une institution médicale.

Reste que la mise en œuvre du projet soulève de nombreuses questions. Alors que la méga-prison est prévue au mieux pour 2016, les syndicats des gardiens de prisons n’arrêtent pas de dénoncer l’état de délabrement et la surpopulation à Saint-Gilles, à Forêt et à Berkendael. De plus, Haren ne pourra théoriquement absorber l’ensemble des détenus des trois prisons (environ 1400).

Les habitants de Haren aussi émettent des inquiétudes quant au projet. Ils ont le sentiment de ne pas avoir voix au chapitre (lire ci-contre). Ils estiment qu’il y a un manque de transparence autour de ce qui va bouleverser leur quartier. "On a l’impression de se faire imposer cette prison. On n’est pas contre elle, mais on aimerait bien qu’elle préserve le caractère champêtre du lieu et ne supprime pas trop d’espaces verts", s’inquiète Laurent Moulin, du comité des habitants de Haren.