Bruxelles

La Plateforme Marolles a été mise sur pied afin de faire renoncer la Ville à son projet de parking souterrain à la place du Jeu de Balle. Ce but désormais atteint, l’existence de ce collectif citoyen a-t-elle encore un sens ? Une question à laquelle ses membres étaient bien en peine de répondre, ce samedi, à l’heure de lancer les huit jours de festivités célébrant les 142 ans du vieux marché.

Le collège de la Ville de Bruxelles faisait part, en novembre dernier, de son projet de parking sous-terrain à la place du Jeu de Balle. Dénonçant un projet qui mettrait en danger, selon eux, l’existence du vieux marché, les riverains de la place se sont spontanément rassemblés pour combattre celui-ci. C’est ainsi que la Plateforme Marolles voit le jour. Face à l’ampleur de la mobilisation, la majorité PS/MR doit finalement reculer fin février. Le bourgmestre Yvan Mayeur (PS) annonce ainsi que le parking sera désormais construit dans la rue des Brigittines.

Cette naissance de la Plateforme Marolles, est, à écouter ses membres, une incroyable aventure humaine. "On s’est réuni rapidement fin novembre dans différents bars. C’est un quartier où les gens se parlent", raconte Gwen Bresse, 41 ans.

Les membres du collectif peuvent être rangés dans trois catégories : les marchands, les commerçants et les riverains. "On n’a pas toujours les mêmes intérêts, mais, ici, on voulait tous défendre la place et le marché ", sourit Gwen Bresse, 41 ans, qui habite la rue du Renard.

"En fait, la plateforme n’a fait que formaliser les énergies déjà existantes. Un jour, quelqu’un est venu dans mon magasin pour me prévenir du projet. À partir du moment où cela s’est su, un noyau de riverains s’est en effet très vite formé", explique Anne, 37 ans, qui travaille à la librairie de seconde main L’Imaginaire.

"Cette mobilisation a été super car elle nous a aussi permis de rencontrer les gens du quartier", poursuit Sarah, 38 ans, de la cantine L’eau chaude, qui est située à quelques mètres. "Les marchands aussi sont impliqués mais c’était plus dur pour eux de se réunir dans l’après-midi car ils se reposent à ce moment-là. Moi, j’arrive tous les matins à 5h du matin", explique, Manu, que les habitués du quartier surnomment Manu le Brocanteur. Ce Marollien pur jus gagne son pain en vendant, chaque matin, au vieux marché ce qu’il a trouvé lors de vide-greniers.

Jusqu’à samedi prochain , la Plateforme Marolles organise diverses activités pour célébrer les 142 ans de leur place. Et après ? "On veut d’abord faire aboutir notre demande de classement de la place. Après on verra", lâche Gwen Bresse. Certains, tels Manu, aimeraient poursuivre le combat contre les autres projets de parking. "Si les habitants du quartier des Brigittines ou ceux de la place Rouppe nous appellent, on répondra présent ", assure, déterminé, Manu.