Bruxelles Pionnière à Bruxelles, la Zinne s’implantera dans quinze communes de la capitale.

"Et Ket, t’as pas une Zinne ou deux à me prêter pour un café ?" Bientôt vous pourrez entendre cette phrase résonner dans le restaurant Greenz Biobar. Cette néocantine uccloise fait partie des vingt commerces de la capitale qui ont adhéré à la Zinne, nouvelle monnaie locale. Le projet sera implanté à Bruxelles au printemps prochain. Le principe ? Remplacer les euros par la Zinne, une monnaie alternative qui vaudra son équivalent.

Imaginé en 2017 par l’ASBL Financité, ce projet a pour objectif de soutenir les petits commerçants locaux, soucieux de la qualité de leurs produits et dans une dynamique de circuit court. "Dès que Financité a proposé cette idée, nous avons adhéré au projet", explique Isabelle Dubois de l’association Uccle en transition et désormais membre du conseil d’administration de l’ASBL Zinne. "Un collectif de citoyens s’est très vite mis en place et on a organisé et planifié le projet, contacté des commerçants et communiqué pour que les gens s’y intéressent."

Des bureaux de change un peu partout

Aujourd’hui, une vingtaine de commerces répartis sur quinze communes bruxelloises ont déjà signé. Dès le printemps, ils proposeront donc à leur clientèle de payer soit en euros, soit en zinne. Mais l’ASBL aimerait toucher un public plus large. Le comité a d’ailleurs une centaine de commerces dans le viseur. "On a contacté 120 commerçants qui correspondent à nos critères. Et pour les citoyens, c’est du bouche-à-oreille. On en parle un maximum autour de nous."

Dans le cadre de ce projet, Zinne a établi une charte à laquelle les commerces doivent correspondre s’ils veulent adhérer à cette nouvelle monnaie. "Ils doivent valoriser le circuit court et avoir la volonté de développer une véritable activité économique parallèle, ancrée dans Bruxelles. L’idée est vraiment de créer un réseau de gens et de commerces qui veulent consommer autrement, qui cherchent la diversité dans les produits et dans les services." Parce que Zinne ne touchera pas que des petites épiceries. À terme, l’ASBL espère aussi atteindre certains théâtres, coiffeurs ou cinémas.

"Nous sommes fiers de prendre part à cette transition économique", explique Charlotte Poulain du Greenz Biobar. "On a déjà expliqué ce changement à notre clientèle et tous sont complètement d’accord avec nous, il faut soutenir les échanges locaux et sortir de la filière classique de consommation."

Au niveau pratique, des bureaux de change seront placés un peu partout dans Bruxelles, dans des épiceries, des librairies, etc. "Ce n’est pas un achat d’argent, précise Isabelle Dubois. Il s’agit vraiment d’un troc de monnaie." À noter que la Zinne ne sera disponible qu’en billets. Au cas où le commerçant n’a pas de change sur un trop gros billet, il pourra rendre la monnaie en euros.