Faire des abords du canal un véritable lieu de promenade convivial dédié aux piétons et aux cyclistes. Tel est le fondement du projet de réaménagement de la Petite ceinture ouest, sur le territoire de la Ville de Bruxelles et de la commune de Molenbeek, entre la place Sainctelette et la Porte de Ninove. La première phase des travaux, sur la rive gauche du canal, côté Molenbeek, vient de s’achever. C’est à présent la rive droite, côté Bruxelles, qui concentrera toutes les attentions. Le coût total des travaux, financés dans le cadre de Beliris, s’élève à 15,4 millions d’euros.

"Aujourd’hui marque la réouverture officielle des nouveaux quais du Hainaut et des Charbonnages, entre la Porte de Ninove et la place Sainctelette", se félicite le bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux (PS). "Car pour ceux qui s’en rappellent, il y a des années, le front du canal était dans un état déplorable". Pour le ministre-président Charles Picqué (PS), en effet, "j’ai l’impression que Bruxelles, lentement mais sûrement, guérit de ses cicatrices. Nous avons beaucoup travaillé dans les années 80 et réfléchi au réaménagement de zones qui étaient urbanistiquement peu cohérentes ou désertées par les investisseurs, comme celle du canal".

Désormais, les Molenbeekois pourront se promener le long de nouveaux trottoirs et d’une nouvelle piste cyclable. Des places de parking, des arbres et un mobilier urbain flambant neuf complètent ce nouvel aménagement, relevé d’une petite touche artistique : le trottoir longeant le canal, entre la place Sainctelette et la rue du Cheval noir, est imprimé d’une œuvre de l’artiste Henri Jacobs. "Molenbeek Palimpseste" reprend des vers du poète russe Evgueni Bounimovitch sur des pavés noirs et gris clair en quatre langues (français, néerlandais, russe et arabe) et trois alphabets (romain, arabe et cyrillique).

Qu’en sera-t-il du côté de Bruxelles ? Les trams et bus seront mis en site propre tandis qu’un nouvel arrêt de tram sera créé au niveau de la station Comte de Flandre. De même, une nouvelle passerelle cyclo-piétonne sera érigée au niveau de la station Comte de Flandre. Car plus globalement, le projet de réaménager les abords du canal s’inscrit dans la volonté de rapprocher les deux rives, même si, reconnaît Philippe Moureaux, "je ne nie pas un risque de gentrification". Mais, complète Charles Picqué, "quand on rénove, la population qui vient s’installer a pour vocation aussi de pousser aux exigences qualitatives du quartier et les populations plus défavorisées sont portées par ces exigences, à condition qu’il y ait des politiques publiques fortes".