Bruxelles

La société bruxelloise de transport public STIB et l'ONG Plan International ont lancé mardi une campagne de sensibilisation contre le harcèlement sexiste dans l'espace public, en invitant victimes et témoins à réagir.

"Vous criez quand vous êtes témoin d'un harcèlement? C'est un bon moyen pour attirer tous les regards vers le harceleur", recommandent les deux organisations. "Vous vous cachez derrière votre GSM quand vous êtes témoin d'un harcèlement? Signalez tout comportement déplacé", exhortent-elles sur une série d'affiches.

En Belgique, 60% des femmes affirment avoir déjà été victimes de harcèlement sexiste dans la rue ou les transports publics, selon Plan International. "Une femme sur deux a été physiquement attaquée dans la rue ou dans les transports en commun, des chiffres inacceptables."

L'agression peut prendre différentes formes, par exemple des commentaires non-consentis et intrusifs, des bruits d'animaux, des insultes ou des propos sexuels. Elle peut être non-verbale, telle que le fait de suivre une personne, de la siffler, de la dévisager avec insistance. Elle peut être physique, par le truchement d'une bousculade, sous forme d'un pincement, d'un attouchement, voire d'un viol. L'exhibitionnisme, les gestes sexuels mimés ou la photo "volée" (prise sans le consentement) relèvent aussi de l'agression, énumère Plan International.

Un fascicule, reprenant des conseils, informations et numéros utiles destinés aux victimes et aux témoins de faits de harcèlement a été édité et sera distribué sur le réseau. Des saynètes seront réalisées dans les stations de métro, tandis que la problématique du harcèlement dans les transports a été intégrée dans les ateliers de sensibilisation déjà organisés par la STIB au sein des établissements scolaires.

"Indirectement, la campagne s'adresse également aux harceleurs, en leur faisant comprendre que leur victime n'est pas toute seule, qu'elle est soutenue par toutes les autres personnes autour d'elle", souligne la STIB.