Bruxelles L’entreprise publique envisage de connecter son réseau à l’incinérateur de Neder-Over-Hembeek pour produire de l’électricité.

Organisé tous les deux ans, le congrès UITP (Union Internationale des Transports Publics) réunit près de 2 700 exposants à Stockholm cette année. L’occasion pour les fournisseurs et développeurs du secteur de présenter leurs dernières productions et avancées en matière de transports publics. De quoi inspirer la Stib et ses consœurs des cinq continents.

Dans les allées du salon, Brieuc de Meeûs, CEO de la Stib, découvre ainsi les dernières tendances et techniques implantées à Hong Kong, Melbourne, Berlin ou Riyad. "La digitalisation, les méthodes de financement et l’électrification du réseau sont les trois grandes thématiques du congrès cette année", observe-t-il d’emblée.

Si les modèles de financement implantés en Asie et à Londres semblent difficilement transposables à la réalité bruxelloise, les avancées en matière d’électrification intéressent particulièrement les experts de la Stib : "Il est très positif de voir que toutes les sociétés présentes mettent l’accent sur leurs modèles électriques. On regarde avec une attention toute particulière le développement des techniques d électrification à partir d’hydrogène." Déjà évoquée il y a une vingtaine d’années puis complètement oubliée, cette méthode semble aujourd’hui revenir à l’agenda des développeurs. "Actuellement, les bus fonctionnent grâce à des batteries. Le rechargement de celles-ci impacte l’exploitation du réseau : les nouveaux bus 64 ont besoin de 5 à 6 minutes avant de pouvoir repartir. Et puis il y a un risque, dans le futur, d’une pénurie des matières premières en raison de la production de plus en plus importante de ces batteries."

Consciente de ces limites, la Stib cherche ainsi à élargir au maximum ses possibilités d’action. Depuis peu, elle installe par exemple avec Sibelga "une énorme quantité de panneaux solaires" sur les toits de son dépôt de trams à Ixelles. "Les panneaux devraient être totalement prêts d’ici une ou deux semaines. À terme, ils permettront de couvrir 1 861 méga watt, soit 42 % des besoins du dépôt", précise Françoise Ledune, porte-parole de la Stib. Avec une facture énergétique s’élevant à 20 millions d’euros par an, la Stib tient à développer ce type de modèle de production d’énergie. Elle prévoit donc déjà d’équiper son dépôt Jacques Brel de panneaux solaires d’ici 2020.

Autre piste évoquée par Brieuc de Meeûs, la connexion du réseau Stib à l’incinérateur de Bruxelles. Situé à Neder-Over-Hembeek, l’incinérateur dispose d’une centrale de cogestion qui produit de l’électricité. Depuis peu, la Stib négocie avec la Région, propriétaire de l’incinérateur, pour pouvoir se connecter à cette centrale. "On pourrait par exemple être cogestionaires du site. Peut-être d’ici 2020 ou 2021." Encore au stade de projet, cette connexion permettrait à la Stib de couvrir un cinquième de son réseau. "L’incinérateur se trouve dans la zone de Schaerbeek. Grâce à lui, nous gagnerions une autonomie importante. Et en cas de black-out, il pourrait servir de back-up." Symboliquement, cela permettrait en outre à la Stib d’utiliser une électricité 100 % verte, produite par les déchets des Bruxellois : "On roulerait aux déchets ménagers !"