L'ensemble des partis de la majorité (LB, Ecolo-Groen, PS-sp.a+) présenteront lundi au conseil communal d'Etterbeek une motion pour la mise en place d'une commission participative mixte qui sera chargée d'identifier les représentations de l'histoire coloniale dans l'espace public communal, de les contextualiser et de proposer des modifications, a annoncé mercredi le bourgmestre Vincent De Wolf. 

Etterbeek doit être, selon son bourgmestre, la commune en Belgique qui comprend la plus grande densité d'éléments patrimoniaux rappelant la colonisation et ce, car elle accueillait historiquement les casernes militaires. "Quand j'étais enfant, existaient encore la caserne de Rolin, la caserne du Charroi et la plaine des manœuvres, un terrain d'entraînement pour les militaires entre Etterbeek et Auderghem qui est maintenant occupé par l'ULB et la VUB", rappelle Vincent De Wolf. "Tout cela a disparu, mais comme à l'époque des milliers de militaires ont séjourné à Etterbeek, la densité de rues portant des noms de militaires qui ont joué des rôles dans l'époque coloniale doit être, je pense, la plus importante de Belgique."

La commission sera composée de dix élus représentant les différents groupes politiques du conseil communal, de 20 habitants de plus de 16 ans tirés au sort, ainsi que de personnes-ressources issues du milieu académique, culturel ou de la fonction publique qui veilleront à assurer le caractère scientifique des travaux. Elle pourra de plus recueillir les avis des associations et des personnalités reconnues pour leur connaissance sur l'histoire coloniale. La commission sera co-présidée par un homme et une femme.

"Nous n'avons pas de statue du roi Léopold II, mais on a par exemple une statue d'une personne africaine tirant à l'arc et partout des noms de rues faisant référence à des militaires et des gouverneurs qui ont joué un rôle à l'époque coloniale", explique Vincent De Wolf. "Un travail doit se faire pour décrire le parcours des personnes qui seront citées. (...) Il faudra faire l'effort de se replacer dans l'esprit de l'époque et voir comment à la fois respecter l'histoire et respecter les sensibilités d'aujourd'hui."

Au terme de sa mission de six mois, la commission participative mixte remettra un rapport contenant l'inventaire réalisé et l'ensemble des modifications proposées au collège et au conseil communal. Les propositions devront tenir compte du travail en cours au niveau fédéral, en collaboration avec la Région.

Ce processus s'inscrit dans les engagements pris en 2018 par la commune pour lutter contre les préjugés et le racisme. Ceux-ci se sont notamment concrétisés par une initiative visant à féminiser les noms des rues et la mise en œuvre de 'balades décoloniales'.