Le gouvernement bruxellois a ouvert la procédure de classement pour le célèbre café "Le Cirio", situé rue de la Bourse, à Bruxelles, a annoncé hier le secrétaire d’Etat bruxellois en charge des Monuments et des Sites, Emir Kir (PS). La rue de la Bourse, percée en 1883 après l’aménagement des boulevards du centre, présente une succession d’immeubles dont les façades ont toujours conservé leur unité d’ensemble. "Le Cirio" y avait pris sa place. L’estaminet doit son nom à son fondateur, Francesco Cirio, homme d’affaires italien qui a lancé une chaîne de salons de dégustation à travers toute l’Europe.

La majorité des cafés ont progressivement disparu. "Liée aux modes, l’architecture de café est particulièrement vulnérable. Il est par conséquent exceptionnel que "Le Cirio", l’un des plus typiques cafés de la Belle Epoque, ait conservé non seulement sa devanture mais aussi son abondant décor intérieur au luxe discret et son atmosphère authentique", a souligné le secrétaire d’Etat.

Un témoin du XIXe siècle

Les trois salles intérieures sont préservées dans leur totalité, avec divers éléments du mobilier de café (comptoir, banquettes, tabourets, etc.) et les décors constitués de papiers peints, lambris, lustres en fer forgé, miroirs, etc. Ces aménagements intérieurs sont tantôt d’inspiration néo-renaissance, tantôt d’inspiration Art Nouveau.

"Le Cirio" constitue donc l’un des ultimes témoins de ces grands établissements qui émaillèrent le centre-ville de Bruxelles dès la seconde moitié du XIXe siècle. Et, à l’instar du Falstaff de l’autre côté de la Bourse, cet estaminet occupe une place de choix parmi une enfilade homogène d’immeubles à rez-de-chaussée commercial.

"Les commerces font partie intégrante de notre patrimoine, et j’ajouterais même qu’ils forment un patrimoine à part entière, indique Emir Kir, sans doute moins évident et moins reconnu comme tel que des maisons, des églises ou des palais. Pourtant, les commerces sont chargés d’histoire : ils ont vu et voient encore défiler des dizaines de milliers de personnes, ils rassemblent, permettent la découverte de bonnes et belles choses, le plaisir d’acheter ou de savourer. C’est, par ailleurs, un patrimoine fragile. Il faut donc lui accorder une place particulière dans le patrimoine protégé de notre région." (Belga)