Christophe De Bekeulaer a fait ses calculs, Villo coûte trop cher aux contribuables.

Ce vendredi, Villo présentera ses nouveaux engins électriques. 1 800 nouveaux Villo équipés d’une batterie que l’utilisateur louera (et gardera avec lui) 4,50 euros par mois.

Avec l’arrivée des entreprises spécialisées dans la location de vélos en freefloating (Billy Bike, Jump, etc.) à Bruxelles, Villo doit se réinventer, sous peine d’être délaissé par ses usagers. L’utilisation des vélos en libre-service stagne depuis quelques années tandis que l’arrivée de la flotte électrique a été plusieurs fois reportée. "Encore faut-il que JCDecaux (la société française exploitant des Villo, NdlR) le veuille", remarque le député bruxellois Christophe De Bekeulaer.

"JCDecaux est une multinationale de la publicité. C’est son gagne-pain et l’entreprise n’est intéressée que par l’exploitation des espaces d’affichage publicitaire", poursuit-il. En d’autres termes, "plus les Villo sont utilisés, plus cela coûte à JCDecaux, sans rien rapporter. Cette société n’a donc, en dehors des exigences de service imposé par le contrat qui la lie avec la Région bruxelloise, aucun incitant à améliorer le service."

Selon le CDH, Villo coûte très cher aux Bruxellois. "Nous pouvons nous baser sur le coût que JCDecaux a lui-même déclaré, en 2009, pour l’exploitation de son service : 1 450 euros par vélo et par an. Pour 5 000 vélos, cela donne 7,25 millions d’euros par an pour autant que ce coût n’ait pas augmenté depuis, ce dont je doute. Villo réalise environ 1,2 million de trajets par an. Soit, moins d’un trajet par jour par vélo", note le député CDH, qui a sondé des sociétés privées de vélos en freefloating telles que Jump et Billy Bike sur le sujet.

© GUILLAUME JC

"D’après leurs calculs, avec 10 millions d’euros par an, Billy Bike mais aussi Jump seraient en mesure de couvrir une grande partie des besoins de déplacements à vélos partagés par tous les Bruxellois (estimés à 5 000 vélos en freefloating et 6,5 millions de trajets par an, NdlR) . Le service serait par ailleurs gratuit pour les utilisateurs si ce montant venait des pouvoirs publics", poursuit Christophe De Beukelaer, qui calcule donc que, sur base des chiffres en sa possession, un trajet en Villo coûte 6 euros au contribuable alors qu’un trajet Billy Bike ou Jump (dans la configuration présentée ci-dessus) coûterait 1,5 euro… "Le système Villo est donc quatre fois plus cher, tout en étant moins efficace", conclut-il.

"Au vu de ces éléments, il nous semble nécessaire de revoir fondamentalement la stratégie de la Région bruxelloise en matière de vélos partagés." Le CDH propose ainsi de casser le contrat liant Villo à la Région bruxelloise pour autant que cela soit possible - "nous ne connaissons pas les tenants et aboutissants de ce contrat. J’ai demandé les documents au ministre-Président du gouvernement bruxellois Rudi Vervoort. J’attends leur retour pour voir dans quelle mesure nous pourrions avancer" - et d’envisager la mise en place d’un service de vélos en freefloating public et régional.

"Ce service serait organisé sur l’ensemble du territoire et géré de façon à ce que les vélos ne traînent pas n’importe où", prévoit encore le CDH. "Quant aux espaces libres par les emplacements Villo, nous pourrions y installer des bornes de recharge pour les voitures électriques."