La prison tourne au ralenti depuis plusieurs semaines et les conditions de détention se détériorent.

Voilà trois semaines que les gardiens de la prison de Saint-Gilles sont en service minimum pour réclamer des renforts. Il manque une trentaine d'agents pour compléter le cadre, et les renforts tardent à arriver. Résultat, la prison tourne au ralenti, les conditions de détention se détériorent et la tension monte au sein de l'établissement pénitentiaire.

"Cela fait trois semaines que la prison tourne au ralenti. Les douches sont maintenues mais nous n'avons plus le droit de téléphoner à nos proches et le nombre de visites est restreint. Nous avions droit à deux sorties en préau par jour, et nous n'en avons plus qu'une actuellement à cause du manque d'agents pour nous encadrer. Les gardiens sont en service minimum mais refusent de faire grève car sinon ils ne seront pas payés. Les gardiens nous disent qu'ils en ont marre et ils se mettent en arrêt maladie. Les agents de Saint-Gilles sont en sous-effectif et doivent faire face à une surpopulation carcérale. Il y a environ 850 détenus pour une capacité de 550. Il y a deux semaines, quelque 82 agents se sont portés malades", explique un détenu de la prison qui nous a contactés pour dénoncer les conditions de détention.

Outre la diminution des sorties en préau, les détenus n'ont plus le droit de suivre les cours de sport, de langue ou de dessin, qui se donnaient à raison de deux cours par semaine. "La tension est palpable et sans amélioration, ça va péter. Mais les problèmes se font aussi ressentir au niveau logistique. Les toilettes de ma cellule fuient toute la journée et ils n'ont pas le matériel adéquat pour résoudre le problème. Cela fait quatre mois qu'ils sont en attente des pièces et la toilette continue à fuir", poursuit notre interlocuteur, incarcéré à la prison depuis le mois de juin dernier.

Aujourd'hui, il tire la sonnette d'alarme et adresse un message à la direction. "Il faut respecter les détenus et les agents. Il faut nous écouter et donner un maximum de moyens aux agents pour effectuer leurs missions de base. Soit ils font grève totalement, soit ils ne l'a font pas mais alors ils continuent à travailler. La demi-mesure, c'est à notre détriment. Je ne réprimande pas les agents mais bien la direction qui fait la sourde oreille. La direction doit mettre la pression sur le ministre compétent afin de résoudre ce problème de manque de moyens et d'effectifs car les détenus sont à bout de nerfs et cela pour bien se retourner contre les agents, qui pourtant n'y sont pour rien", conclut-il.

Depuis la grève de 2017 et la nécessité de condamner une partie des ailes de la prison de Forest pour rénovation, la prison de Saint-Gilles est devenue exclusivement une maison d’arrêt, qui ne fait donc plus de peines. Les affections de Forest ont ainsi été transférées à Saint-Gilles, de même que les problèmes afférents à cette condition.

Nous avons tenté de joindre la direction de la prison de Saint-Gilles pour recueillir une réaction, en vain.