Des émeutes ont éclaté dans le quartier de Cureghem à Anderlecht ce samedi. De nombreux habitants sont sortis dans les rues de la commune pour protester suite au décès d'un jeune homme lors d'une course-poursuite avec la police vendredi soir. Quarante-trois personnes ont été arrêtées.

Sur l'avenue Clémenceau et la chaussée de Mons, des jeunes ont affronté directement la police avec des jets de pierre en début d'après-midi. Des combis ont été la cible de cailloux. Des coups de feu ont été tirés. Deux policiers ont été blessés, l'un par un pavé, l'autre par un cocktail Molotov. Vers 15h30, un groupe a pillé un combi de police et a ainsi pu voler une arme. Celle-ci a toutefois être pu retrouvée plus tard.


La police était déployée en masse et le quartier autour de la station de métro Clémenceau était complètement bouclé. Un canon à eau et un hélicoptère ont dû être envoyés.

La police de la zone Bruxelles-Midi a indiqué, vers 18h, que la situation était sous contrôle. Le chef de corps de la zone, Patrick Evenepoel, a précisé que l'opération pourrait néanmoins encore se poursuivre jusque tard dans la soirée samedi voire jusqu'à dimanche matin.

C'est un dramatique accident, survenu vendredi soir, qui a mis le feu aux poudres. Suite à la mort du jeune Adil, décédé en scooter après s'être soustrait à un contrôle de police des appels au rassemblement avaient été lancés. Les rassemblements étant interdits, la police est intervenue et la situation a dégénéré. De nombreux habitants d'Anderlecht se sont bien présentés au rendez-vous à 14h00, aux endroits annoncés, notamment sur la place du Conseil où se trouve la maison communale et près de la station de métro Clémenceau.

Samedi après-midi, l'oncle d'Adil a véhiculé sur les réseaux sociaux un message vocal d'apaisement: "Arrêtez de tout casser. On n'est pas bien. On est en deuil. On est déjà mal dans notre tête, mal dans notre corps. Arrêtez de faire n'importe quoi."

© Bernard Desmoulin