À Bruxelles, on voit se multiplier des initiatives de dialogue interreligieux. Tout récemment, dans le prolongement de la Semaine mondiale d’harmonie interconvictionnelle qui a eu lieu la première semaine de février, la Chapelle pour l’Europe, sise à l’ombre des institutions de l’Union européenne, a été le cadre d’une belle et forte soirée de rencontre et de réflexion interreligieuses.

Autour de la table : Albert Guigui, le Grand Rabbin de Bruxelles et de l’Europe, Jamal Habbachich, l’imam de la mosquée Attadamoune à Molenbeek, et le père Gérard Chabanon, provincial européen des Missionnaires d’Afrique, entendez : les Pères blancs.

Le fruit d’une belle collaboration aussi entre la Chapelle pour l’Europe et inTOUCH, un programme bruxellois de spiritualité et de formation au dialogue interreligieux.

Dans les locaux pleins à craquer de la rue Van Maerlant, les participants ont échangé sur des questions spirituelles brûlantes. Tout d’abord le constat de l’omniprésence dans un monde globalisé et pluriel du repli identitaire. En même temps, émerge plus que jamais la nécessité de la recherche de ce qui unit, pour vivre ensemble réconciliés et en paix et grandir en humanité.

C’est le but des communautés croyantes ! Y a-t-il des carrefours et puis comment les concrétiser ? Albert Guigui, né au Maroc, au confluent des trois grandes civilisations, a témoigné du désir qui l’habite depuis son plus jeune âge de la découverte de l’autre et de ses sources spirituelles, et de la joie et la richesse qu’entraîne cette rencontre. En excellent connaisseur de la Bible, sa relecture du récit de Caïn et Abel a permis de comprendre que le déclencheur de la violence est la non-communication, l’absence de parole.

D’où un vibrant appel à construire ensemble. Le Grand Rabbin a donc appelé à ériger une fraternité universelle qui va au-delà de la tolérance, non pas monochrome. Cet esprit de fraternité humaine qui respecte la diversité, l’égalité et l’intégrité de chacun apparaît aussi dans le Coran, selon l’imam Habbachich. Adorer Allah ne se limite pas à la prière mais est aussi dans une vie quotidienne bienveillante et remplie d’amour de l’autre.

Un lieu de convergence

Enfin, le P. Chabanon a proposé des pratiques pour avancer sur un chemin transformateur, après avoir évoqué quelques conditions du dialogue interreligieux.

Apprendre à mieux se connaître et pratiquer une hospitalité spirituelle est une voie exquise pour ce faire. Puis c’est à la portée de tous de s’informer des traditions religieuses différentes de la sienne, de lire, visionner, visiter, voyager, tout en approfondissant sa propre foi et en s’engageant au service de la paix et de la réconciliation.