Bruxelles

Le site du manoir d'Anjou est tout simplement mal géré. C'est l'avis de la commune de Woluwe-Saint-Pierre qui vient de demander à la Région bruxelloise d'entamer une procédure de classement du domaine de huit hectares entourant cet ancien relais de chasse érigé à la fin du XIXe siècle.

Ce joyau hérité de la forêt de Soignes, présentant une belle diversité d'essences végétales et logé entre l'avenue du Manoir d'Anjou et la rue au Bois est aujourd'hui propriété d'une fraternité religieuse. "Nous constatons simplement que les propriétaires actuels sont incapables d'assurer une bonne gestion de ce patrimoine", explique Willem Draps (MR), bourgmestre faisant fonction à Woluwe-Saint-Pierre. "L'envasement avancé de l'étang nous préoccupe et il semble que des coupes de bois importantes n'ont pas été suivies de replantations. Pour être très clair, ce n'est pas tellement le bâtiment dont nous réclamons le classement, celui-ci a connu beaucoup d'altérations par le passé, mais bien celui du site. A cet égard, le fait qu'une partie de son patrimoine forestier ait été classée Natura 2000 nous encourage dans notre démarche."

Projets immobiliers

Autres craintes de la commune : certains projets immobiliers envisagés à front de l'avenue Alfred Madoux. Un projet d'immeubles à appartements introduit par les propriétaires à la fin de l'année dernière et refusé en commission de concertation. "Nous nous réjouissons que le fonctionnaire délégué de la Région nous ait suivis en ne donnant pas une suite favorable au recours introduit", poursuit Willem Draps. "Nous souhaitons conserver l'aspect actuel de cette avenue".

Pour la petite histoire, c'est Alfred-Casimir Madoux, alors propriétaire du journal l'Etoile qui érigea le bâtiment sur un espace qui fut jadis propriété de la société générale de Belgique. Le manoir passa dans les mains du duc d'Orléans, et de sa famille, à partir de 1914. Il fut réquisitionné par les Allemands puis par la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale. En 1947, les soeurs du Bon pasteur d'Angers s'y installent et c'est en 1987 que le domaine devient propriété de l'ASBL Fraternité du Bon pasteur, communauté de prière et d'engagement pastoral.