L’avenue du Port, voici le dossier chaud de cette fin d’été à Bruxelles. Pour rappel, la ministre en charge des Travaux publics, Brigitte Grouwels (CD&V) veut remplacer, dès septembre, les millions de pavés et abattre les 300 platanes de cette avenue passant devant le site de Tour&Taxi. Objectif ? Remplacer le tout par une chaussée de béton, une ligne de bus en site propre et une piste cyclable. Malgré la mobilisation contre ce projet, tant des riverains que de personnalités bruxelloises, voire internationales (comme le paysagiste français Michel Desvigne), la ministre n’a, jusqu’ici, pas fléchi d’un pouce. Et ce malgré l’entretien qu’elle a récemment eu sur le sujet avec le ministre-président, Charles Picqué (PS). L’échéance approche et le MR s’inquiète. Via les voix de Viviane Teitelbaum, Didier Gosuin et Serge de Patoul, le parti libéral dit partager "les préoccupations des milliers de personnes qui ont signé la pétition contre le réaménagement insensé de cette artère" . Selon le MR, les arguments pour refuser l’abattage des 300 platanes et le remplacement des pavés par un revêtement de béton de 80 cm, "comme pour les autoroutes", ne manquent pas : l’abandon du projet de centre logistique Bilc ne justifie plus ce réaménagement, l’axe fait partie du patrimoine industriel de Bruxelles ou encore le projet coûte plus de 12 millions d’euros, un budget "indécent" à l’heure où les finances publiques bruxelloises sont "dans le rouge". Les libéraux s’opposent donc au projet tel qu’il est actuellement conçu et demande qu’il soit repensé. "Nous ne sommes pas contre le réaménagement de cette artère qui en a bien besoin mais nous sommes contre le diktat de Mme Grouwels qui considère avoir raison contre l’avis des usagers, des riverains, des paysagistes, des associations environnementales et de défense du patrimoine, etc" . Mais le MR en profite aussi pour lancer un pavé au sein de la majorité bruxelloise. " Le silence des ministres francophones du Gouvernement bruxellois est assourdissant. Nous souhaitons que lors du premier Conseil des ministres qui se tiendra dans quelques jours, PS, CDH et Ecolo fassent enfin entendre leur voix pour empêcher le début de ce chantier et repenser, dans une large concertation, le réaménagement de cette artère" , expliquent les trois députés dans un communiqué. R.Me.