Au moins une centaine de demandeurs d’asile occupent désormais un home inoccupé.

Ils sont au moins une centaine, sans papiers et demandeurs d’asile, à squatter une ancienne maison de repos située boulevard Léopold II. Sénégalais, Mauritaniens, Guinéens… Même s’il y a aussi quelques Nord-Africains, les nouveaux occupants sont principalement originaires de pays d’Afrique subsaharienne. Depuis environ deux semaines, ils ont investi un immeuble inoccupé depuis la faillite de la société propriétaire.

Née dans la mouvance de la Caravane des migrants venue à Bruxelles fin juin, l’occupation se veut politique. Peint sur le mur de la grande salle de séjour, l’appel à la régularisation de tous les sans-papiers attire immédiatement le regard. Cependant les nouveaux occupants ne veulent pas seulement une régularisation massive : ils demandent également la fermeture des centres fermés et l’arrêt des expulsions. S’ils s’affirment déterminés, beaucoup d’entre eux ne cachent pas leur lassitude d’être sans papiers, synonyme de vie d’errance et d’incertitude.

Lassitude

"Cela fait cinq ans que je suis en Belgique. J’ai beaucoup dormi dans la rue. On est fatigué, et il y a même des gens vraiment stressés", explique Abdellah, un Marocain de 32 ans. "Notre but n’est pas de rester dans cet immeuble : on veut vivre comme tout le monde", résume Malick, un Sénégalais qui se bat, depuis six ans, pour obtenir des papiers. D’ailleurs, un travail, il en a déjà un puisqu’il s’occupe, à plein temps, des livraisons d’un hôtel de la capitale. "J’avais un permis de travail temporaire. Je l’ai perdu mais je continue quand même à y travailler", explique-t-il.

Organisation interne

Dans la maison de repos de cinq étages, les squatters organisent, du mieux qu’ils le peuvent, la vie quotidienne. Les lits occupent les chambres des étages supérieurs tandis que, sur une petite table installée dans la salle de séjour, un thermos de café est laissé à disposition. Les tâches ménagères sont, elles, assurées méticuleusement à tour de rôle.