Bruxelles La première exposition du War Heritage Institute est une belle réalisation pour tous les publics.

Faut-il le rappeler ? On attendait le frais émoulu War Heritage Institute au tournant à l’occasion de sa première expo au musée royal de l’Armée. Le moins que l’on puisse écrire est que l’équipe autour de Michel Jaupart a fait de la belle ouvrage en se focalisant de manière didactique sur les mémoires du raid sur Dieppe du 19 août 1942.

Moins connue que le débarquement sur les côtes normandes de juin 1944, cette attaque visant à déstabiliser les Allemands à la demande de Staline désireux de voir s’ouvrir un second front en Europe, se mua en catastrophe pour les Alliés, particulièrement pour les Canadiens qui y perdirent 913 hommes, mais aussi pour les Alliés puisque le nombre total de morts s’éleva à 1 200. Sans oublier 600 blessés et plus de 2 000 prisonniers. Le bilan fut aussi lourd dans le camp allemand avec 600 morts et 300 blessés alors qu’il y eut 48 tués et 100 blessés dans la population civile dieppoise.

Des militaires belges dans l’air et sur mer

Ce que l’on sait moins est que des Belges jouèrent un rôle certain dans l’opération Jubilee. Dont 39 aviateurs directement impliqués appartenant à la 350e escadrille de la Raf commandée par Squadron Leader Désiré Guillaume ou à une unité de la 174e escadrille sous la direction du Flight Lieutenant Léon De Soomer. Nos marins étaient aussi très présents au sein d’une section spéciale belge de la Royal Navy sans oublier les ferries réquisitionnés après qu’ils eurent réussi le rapatriement des Britanniques à Dunkerque en 1940. 

Mais on épinglera surtout ici le fait qu’une soixantaine de marins étaient présents lors du raid. Ils avaient été affectés à titre individuel sur des cuirassés, des destroyers, des dragueurs de mines, des péniches de débarquement et même des sous-marins. Avec les lieutenants de vaisseaux Georges Depoorter, Jules Van Dyck et Victor Billet qui y perdit malheureusement la vie. Ils sont à l’honneur dans l’expo tout comme Raymond De Wandelaer qui combattit aux côtés de ce qui devint plus tard le commando Kieffer. 

Mais l’on y découvrira aussi une intéressante contribution sur la manière dont les deux camps ont interprété le raid. Dans la presse et la propagande filmée. Enfin, l’expo s’adresse aussi aux plus jeunes par une mise en perspective des forces, par la bande dessinée et l’incontournable travail de mémoire.Christian Laporte

L’exposition "Dieppe, mémoires d’un raid" est ouverte du mardi au dimanche jusqu’au 31 décembre. Rens : www.warheritage.be