Bruxelles

La décision du gouvernement bruxellois de ne pas revenir sur le projet de réaménagement de l'avenue du Port constitue "la plus belle démission des ministres francophones bruxellois" après que presque chacun d'eux se soit clairement opposé à ce projet, a affirmé jeudi le chef de file de l'opposition libérale au parlement régional, Vincent De Wolf.

Pour lui, une ministre, "pourtant particulièrement isolée (ndlr: (Brigitte Grouwels - CD&V) a réussi à mettre ses partenaires genoux à terre sur un dossier voulue d'elle seule".

Aux yeux de l'élu libéral, le conseil des ministres bruxellois, jusqu'alors apparu déchiré sur cette question, a apporté jeudi son soutien définitif au "bétonnage démesuré de l'avenue par une couche de 90 cm et à l'abattage pure et simple de quelque 300 platanes". Dans un communiqué, Vincent De Wolf a dit considérer que le gouvernement bruxellois s'est empêtré dans une situation qui trouve "son issue la plus simple: fermer les yeux sur le caractère démesuré d'un projet dont il faudra encore expliquer l'adéquation avec la déclaration de politique générale de cette majorité".

Le député-bourgmestre MR a encore jugé qu'avec l'abandon à grand frais du projet du centre logistique du BILC, le long de la même avenue, la majorité aurait dû s'atteler depuis plusieurs mois à réviser le projet de l'avenue du Port.

Elle aurait dû, selon lui, renoncer à ce projet démesuré, quitte à s'entendre avec l'entrepreneur désigné afin de réduire, sur base d'un accord, les indemnités de report du chantier qu'agitait, depuis lundi, la ministre Grouwels.

Bruxelles: le réaménagement de l'avenue du Port ne sera ni reporté, ni modifié

Il n'y a pas eu de consensus jeudi matin au sein du gouvernement bruxellois pour remettre en cause le permis de construire délivré en 2008 par l'exécutif bruxellois pour réaménager l'avenue du Port, une artère de pénétration dans la capitale empruntée par de nombreux navetteurs et par un important charroi de camions. Les travaux démarreront lundi prochain. Il s'achèveront à la fin de l'année 2013, a annoncé la ministre bruxelloise des Travaux publics, Brigitte Grouwels (CD&V).

Plusieurs ministres interrogés à l'issue de la réunion, en ce compris ceux qui avaient demandé une adaptation du projet, ont reconnu que pour le modifier, il eut fallu un nouveau permis d'urbanisme et par conséquent un consensus pour remettre en cause la décision de délivrer le permis existant. Selon le ministre-président bruxellois Charles Picqué, les secrétaires d'Etat Emir Kir et Christos Doulkeridis et la ministre Grouwels, ce consensus n'a pas été trouvé. Brigitte Grouwels a quant à elle précisé que ses services avaient examiné en détail s'il n'était plus possible d'apporter des modifications dans le permis délivré. La réponse est non.

Christos Doulkeridis, dont la formation avait souhaité un changement du projet, a déploré l'absence d'accord pour le modifier, mais il a précisé que l'attitude d'Ecolo à l'égard de l'accord du gouvernement ne changerait pas, notamment en raison de la situation politique très difficile que traverse le pays.