De nombreux sans-abri refusent d’être séparés de leur animal de compagnie pendant la nuit, quitte à rester dehors.

Vendredi 15 novembre, la Région bruxelloise lancera son Plan Hiver à destination des personnes sans-abri. Si les familles avec enfants et les femmes seules constituent les publics les plus vulnérables, le cas des personnes possédant un animal de compagnie pose question.

En Région bruxelloise, les centres d’accueil ne permettent généralement pas aux hébergés de passer la nuit avec leur animal de compagnie. "On ne peut pas accepter que les gens dorment avec leur chien pour des raisons d’hygiène. Il faut respecter la collectivité", explique Christophe Thielens, porte-parole du Samusocial. Les animaux de compagnie passent donc la nuit dans un espace à part, en fonction des structures d’accueil. "Les centres disposent soit d’un espace extérieur soit de cages."

Oui, mais voilà : certains maîtres refusent de mettre leur toutou en cage ou simplement d’être séparé de leur compagnon à quatre pattes. Ils se voient donc contraints de dormir dehors ou de trouver une autre solution de logement. "Certains préfèrent passer la nuit dehors avec leur animal, c’est une réalité qu’on ne peut nier", indique Christophe Thielens. Les études montrent que le chien permet aux sans-abri de se sentir moins seuls, vulnérables et dépressifs. En période de grand froid, rester dehors est cependant très risqué.

À l’heure actuelle , la Région compte sur la Fondation Prince Laurent pour prendre ces personnes en charge. Depuis 2012, celle-ci organise l’accueil et l’hébergement pour la nuit des sans-abri avec leur animal pendant les mois d’hiver. De décembre à avril, une vingtaine de sans-abri sont ainsi hébergés chaque nuit dans trois abris de chantier chauffés et équipés.

Outre un lit pour la nuit, les personnes hébergées bénéficient d’une aide sociale et administrative, de soins médicaux et vétérinaires mais aussi de trois repas par jour. L’année dernière, le refuge était mis en place en collaboration avec l’Armée du Salut. Cette année, la Fondation est encore à la recherche d’un lieu où installer les abris de chantier. "C’est un peu compliqué avec l’Armée du salut cette fois-ci mais c’est un projet qui nous tient à cœur donc on fait tout pour pouvoir le mettre en œuvre."

Face à cette situation précaire, qui ne permet pas toujours de répondre à la demande, le Samusocial envisage d’élargir son champ d’action. "On est conscient qu’il y a des besoins à ce niveau-là et c’est la raison pour laquelle cette question est actuellement à l’étude au sein du Samusocial", précise Christophe Thielens avant de conclure : "Depuis qu’on est devenu une association de droit public, on a entamé un processus de réflexion autour de notre identité, de nos valeurs et de notre fonctionnement. Accueillir les animaux de compagnie est selon nous une option à creuser pour tendre vers l’accueil de tous et toutes."