Nombre de riverains du viaduc Herrmann-Debroux attendent donc la démolition de cette œuvre d’art (?) routier qui est pourtant le plus joli symbole de la solidarité bruxello-wallonne puisqu’il permet depuis quatre décennies aux automobilistes wallons descendant de l’E411 d’entrer (assez) facilement dans la région bruxelloise pour y travailler et s’y détendre.

Le viaduc est un pur produit de son époque : le cœur des années 1970, le temps de la "bruxellisation" (terme négatif chez les architectes) de Paul Vanden Boeynants (PSC) et Jos De Saeger (CVP) où on voulait se rapprocher de son bureau sans devoir emprunter des transports en commun, péchant, il est vrai par un manque d’infrastructures assez criant. 


Il y a quelques années, Didier Gosuin, le ministre et maïeur d’Auderghem n’eut pas tort de parler d’une balafre au sud de Bruxelles mais comme le RER est encore et toujours reporté aux calendes gréco-belges… il faut bien ce mal nécessaire qui profite, soit dit en passant aussi aux usagers du Tec, qui, face aux éternels retards de la SNCB, ont opté pour le confort du Conforto, cette liaison rapide entre LLN, Wavre et la Plaine des manœuvres et Delta (métro, train et bus), désormais menacée elle-même par une mise à la disposition des covoiturants de la bande d’urgence de l’autoroute pouvant recréer des engorgements imprévus.

Serge Moureaux, ancien échevin de l’Urbanisme de l’Agglomération bruxelloise, qui fut successivement libéral, FDF et PS a expliqué à la RTBF, que "l’Etat belge, alors maître de l’administration des routes avait construit le viaduc sans demande de permis. Car il estimait qu’il n’avait pas à le faire".