Bruxelles

Combien de fois êtes-vous passé à côté d’un chantier ou d’un terrain vague entouré de barrières ? Vous êtes-vous déjà arrêté devant ces affiches rouges format A3 placardées sur les Nadar ? La plupart d’entre vous passeront tout simplement leur chemin et apprendront trois semaines plus tard qu’une rame de métro s’installe juste sous leurs fenêtres.

Emir Kir (PS), secrétaire d’Etat en charge de l’Urbanisme pour la Région Bruxelles-Capitale en est conscient. "Les gens ne s’intéressent que très peu aux enjeux urbanistiques. Mais quand les travaux commencent en bas de leur rue, ils se font entendre ! Nous devons tirer les leçons du cas de l’avenue du Port".

Fort de ce constat, le secrétaire d’Etat a décidé de faire appel à la participation citoyenne et de sensibiliser les citadins au développement urbanistique de leur région. "Les Bruxellois sont amenés à devenir acteurs de leur ville et non pas seulement spectateurs. Leurs avis comptent. Bruxelles est une ville à laquelle chacun peut mettre sa pierre à l’édifice ! Nous devons construire ensemble une citoyenneté urbanistique accomplie", a-t-il exprimé hier matin, devant une assemblée nombreuse d’associations de tout genre.

Corinne Ricuort, présidente de l’ASBL Alternative culture, était présente. Elle met en place depuis quelques mois une campagne autour des seniors, dans le cadre de l’année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle. "Nous connaissons tous l’enjeu du vieillissement de la population et nous devons lui accorder une certaine importance au sein de la ville. Il est essentiel de relancer une réflexion sur la place des personnes âgées dans l’espace public." Si Corinne Ricuort a décidé d’inscrire son projet, c’est afin d’obtenir une aide financière pour le réaménagement de certains lieux urbains. Ajouter des bancs dans les parcs, faciliter l’accès des personnes âgées à divers endroits, etc. "Ce sont des petites attentions en apparence mais qui demandent beaucoup d’efforts et de temps pour qu’elles se concrétisent réellement", ajoute-t-elle.

Si le développement urbanistique de Bruxelles devient une préoccupation importante, c’est que les enjeux sont bien présents. "Bruxelles s’apprête à connaître une croissance démographique sans pareil. A l’horizon 2020, il faut s’attendre à accueillir 14 000 habitants de plus par an !", explique l’ADT (Agence de développement territorial pour la Région de Bruxelles-Capitale). Cette augmentation significative de la population ne sera pas sans impact. "Des mesures urbanistiques devront être prises : la création de nouveaux logements, l’amélioration de la mobilité, le développement de certains équipements, etc. Il est indispensable de laisser aux citoyens l’opportunité de proposer leurs projets afin que "la Bruxelles" de demain soit le fruit de leurs efforts et d’une collaboration commune", conclut l’ADT.Caroline Fixelles (st.)