Avec le retour des beaux jours, la vie bruxelloise reprend tout doucement son cours normal. Les habitants de la capitale réinvestissent les différents parcs, les terrasses ensoleillées des cafés se remplissent et les gens vont à nouveau se masser dans les grandes artères commerçantes. En ces vacances de Pâques, un sentiment général règne dans les rues de Bruxelles : le refus de céder à la peur.

La capacité de résilience des Bruxellois est bien réelle. Bien que toujours profondément choqués par les terribles attentats qui ont meurtri leur ville, ceux-ci reprennent leurs habitudes. "Il faut continuer à vivre ! On ne va certainement pas rester cloîtrés chez nous toute notre vie", s’exclame un jeune, bière à la main.

Changements d’habitude

Si une grande partie des Bruxellois arrive à surmonter la tragédie, d’autres ont toutefois modifié leurs habitudes suite aux événements. C’est notamment le cas de Selma qui, depuis les attentats, refuse de se rendre dans des lieux publics trop fréquentés. "Depuis la tragédie de Maelbeek, je refuse d’emprunter le métro ! Preuve en est, je me suis rendue à pied dans le centre-ville alors que j’habite à Schaerbeek", explique cette mère inquiète pour l’avenir de ses enfants. "Il faut repartir de l’avant, c’est une certitude, mais là je suis encore triste et j’ai peur. On a l’impression qu’un drame peut se jouer à tout moment. C’est plus fort que moi".

Une question taraude toutefois les Bruxellois, qui ont du mal à comprendre la logique dans l’évolution de la menace terroriste, tantôt évaluée à 3, et le lendemain à 4. "Je suis perplexe quant à la menace terroriste évaluée régulièrement par nos autorités. J’ai l’impression que ça ne change strictement rien, que ça ne va pas empêcher un terroriste de se faire exploser dans un lieu public", affirme un badaud.

Espaces verts

Dans le parc du Cinquantenaire, situé à moins d’un kilomètre de la station Maelbeek, les Bruxellois continuent de venir jouir en nombre des premiers beaux jours de 2016. Ici, pas de militaires aux entrées et sorties du parc régional le plus animé de la capitale en 2015, selon les chiffres de Bruxelles Environnement. "Je n’ai aucune envie qu’il y ait des militaires ici. Je ne pense pas que ça aurait une quelconque incidence", indique Antoine, 20 ans. Pour lui, "pas question de paniquer. La probabilité d’un attentat ici est infime. Je n’ai pas envie d’être toujours en alerte. J’étais même là, dans le parc, le jour des attentats", ajoute-t-il. Un peu plus loin, un couple de personnes âgées confirme cet état d’esprit positif. "C’est plus le mauvais temps que les attentats qui nous empêchera d’aller au parc", insistent les deux tourtereaux. Les récents événements ne devraient donc pas réprimer l’envie des Bruxellois de profiter du parc.

Tout doucement, la sérénité revient dans la capitale, mais les stigmates laissés par les attentats resteront malgré tout gravés longtemps dans les mémoires.