Bruxelles Ecolo plaide pour une campagne contre le "manspreading", terme désignant l’attitude des hommes qui écartent les jambes.

Avez-vous déjà entendu parler du "manspreading" ? Selon le dictionnaire en ligne des mots argotiques anglophones Urban Dictionnary, ce terme définit l’attitude des hommes qui écartent les jambes, en particulier dans les transports publics, envahissant ainsi l’espace au-delà de leur propre siège. En 2014, la MTA (Metropolitan Transportation Authority) de New York avait mis sur pied une campagne de sensibilisation à la courtoisie dans le métro. L’écartement des jambes faisait partie des comportements incriminés, comme le fait de manger ou de se refaire une beauté.

Chez nous aussi, certaines personnes tentent de sensibiliser le public à cette problématique. Dans l’opposition au parlement bruxellois, la députée Céline Delforge (Ecolo) n’hésite pas à prendre des clichés de ces hommes qui s’étalent lorsqu’elle en a l’occasion. Et elle n’est pas la seule ! Il suffit de taper le mot-clé manspreading sur les réseaux sociaux pour tomber sur de nombreuses photos du même genre.

"Même si le phénomène a été conceptualisé et analysé assez récemment, le problème n’est vraiment pas neuf. Il y a quelques années, j’avais été particulièrement choquée par l’attitude d’un adolescent avec lequel je partageais une banquette pour deux personnes dans le bus. Je lui avais demandé de resserrer ses jambes qui étaient complètement écartées mais il m’a répondu qu’il n’allait pas croiser les jambes comme une p…", se souvient Céline Delforge.

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Certains courants féministes évoquent "le syndrome des couilles de cristal", un mal qui contraindrait les hommes à écarter les jambes pour ne pas risquer d’exploser les boules de cristal qu’ils ont entre les cuisses. "C’est une expression humoristique pour se moquer des hommes qui refusent de changer de position car celle-ci serait l’expression d’une certaine virilité. Mais pour la plupart, c’est inconscient et un simple pictogramme permettrait de prendre conscience de ce comportement et d’y faire attention", estime la députée.

Selon elle, une campagne de sensibilisation ne ferait donc pas de tort. "Concernant les rappels des attitudes à avoir, on observe un déficit à la Stib contrairement aux autres sociétés de transports. Dans les bus Tec, il y a souvent des rappels pour dire que l’on ne doit pas utiliser son GSM en haut-parleur par exemple. La Stib insiste beaucoup sur l’obligation de pointer la Mobib et elle oublie parfois qu’il y a d’autres messages à diffuser."

Le terme manspreading ne semble pas familier du côté de la Stib. Renseignements pris, une porte-parole assure que le phénomène n’a pratiquement jamais été dénoncé par des clients. "La campagne new-yorkaise nous a déjà été mentionnée via Facebook et Twitter. Mais au service client, ils n’ont pas le souvenir de ce type de mention si ce n’est un seul signalement par rapport à quelqu’un qui se tenait mal dans le tram", explique Cindy Arents, porte-parole de la Stib, qui rappelle que des campagnes intitulées Respect incitant les voyageurs et le personnel à afficher leur respect mutuel sont menées chaque année par la Stib.