Bruxelles

Faire ses courses au marché, c'est un peu retourner aux sources, vivre les saveurs et l'ambiance d'un quartier dans la ville. L'ouvrage "Bruxelles... les marchés" (1) présente une vingtaine de marchés bruxellois, classés par jour.

Un descriptif poétique révèle l'atmosphère, les charmes et les produits - incontournables - qu'offre chacun d'eux. Le livre se referme sur des conseils et astuces de marchands. Et sur des recettes traditionnelles à base de légumes oubliés...

Au marché Van Meenen (2)

Déjà les odeurs de brioches et de poulet rôti titillent les sens des passants des alentours, et invitent à pénétrer l'enceinte de la place. Face au somptueux décor qu'offre l'Hôtel de Ville de Saint-Gilles, les paniers et les caddies arpentent les échoppes, en quête de coups de coeur gourmands.

"E un pezzetto di parmigiano" (3). Chez "Calamera", on peut goûter les produits du terroir méditerranéen, des pâtes fraîches au prosciutto. Les Bruxellois dans l'âme s'arrêteront chez "Ketje" pour le traditionnel "Kip Kap", à base de viande de porc "alors que dans beaucoup, on met n'importe quoi". Les amateurs de tripes authentiques, eux, feront un détour par la "New Triperie". Le "p'tit" n'aime que le poulet ? Françoise et Renaud n'ont que l'embarras du choix.

Car du choix, il y en a à se mettre sous la dent. "Il n'y a pas beaucoup de loques. Mais beaucoup de produits de qualité ici", souligne une habituée. Depuis 1986, le marché Van Meenen est réputé pour ses produits artisanaux. C'est "fait maison" du vietnamien "Do Thien" à la "Ferme de Montplainchamps", qui confectionne son beurre, ses confitures, ses jus de fruits du verger et ses produits laitiers. Pour les fromages français, c'est à la crémerie "Patrick" qu'il faut ouvrir son panier. Les consommateurs retrouvent sur Van Meenen des aliments frais et authentiques.

Mais ce qui intéresse la petite Rose (7 ans), ce sont surtout les bonbons de Philippe. Au marché, c'est mieux que dans les magasins : "Il y a plus à choisir", confie-t-elle timidement. Mais Rose ne se laisse pas tant impressionner par le large étal multicolore de gommes sures et sucrées : "ça, ça, et ça !" Aux oubliettes les violettes. Les petites bouteilles de coca, elles, ont toujours la cote. Et en vacances, maman sera plus indulgente. Ou peut-être plus gourmande elle-même.

Une tape sur l'épaule : "Ah ! Meneer, comment ça va ?" C'est aussi la bonne ambiance que les clients convoitent à Van Meenen. Un arrêt "Chez Albert" s'impose. Ses "maatjes" - spécialité de père en fils - valent leur pesant d'or, autant que son enthousiasme : "Je ne vends pas du poison mais du poisson". "Et le sourire vous ne le vendez pas, vous l'offrez", répond Monique au poissonnier. Albert a toujours une boutade en poche. "Je suis dans mon cirque, en train de jouer les clowns", aime-t-il plaisanter.

La convivialité. C'est ce qui fait le charme du marché Van Meenen. Clientèle et négociants sont vraisemblablement séduits par le contact humain durant la vente ou les emplettes. Les marchands prennent le temps d'informer et d'orienter les clients vers le bon achat et ont toujours un mot de sympathie et d'humour pour les acheteurs. "C'est quand même autre chose que le self-service froid des rayons du supermarché !", s'exclame une dame enthousiaste.

C'est d'ailleurs ce qui fidélise la clientèle : "Certains qui ont déménagé reviennent faire une course, ou même juste dire bonjour", insiste Françoise.

Du côté du porte-monnaie, on y trouve aussi son compte. Le légumier Dirk Desager constate que les clients sont très regardants. Mais il est formel : "Au même prix, les clients gagnent un jour de fraîcheur".

Pascale, 25 ans, trouve ainsi son bonheur tous les lundis sur ce marché. "C'est parfois un peu plus cher mais ça en vaut la peine. Les produits ont plus de goût. Puis on finit par saluer tout le monde. C'est très sympa."

St. G. (st . )

1) "Bruxelles... les marchés", Julie Grégoire et Carine Anselme, éd. Versant Sud, 20 euros.

2) Marché Van Meenen, place Van Meenen à Saint-Gilles ouvert tous les lundis de 13h-13h30 à 19h30 Tram 81 - Station Horta.

3) "Et un petit morceau de parmesan."