Il y a sept ans, à la demande de l’Église de Bruxelles, les Chanoines-Prémontrés de l’abbaye Notre-Dame de Leffe avaient envoyé quelques-uns des leurs à l’abbaye de la Cambre à Bruxelles.

En quelques années les pères Hugues Bada et Tanguy Rivière avaient profondément dynamisé cette paroisse dans la tradition d’une vie religieuse fidèle à l’histoire du lieu.

Dans un communiqué commun publié ce mercredi cependant, le Père Abbé de l’Abbaye de Leffe, Benoît Carniaux, et l’évêque auxiliaire de Bruxelles, Jean Kockerols, annoncent que cette présence prendra fin en septembre prochain. Pour les catholiques de Bruxelles, cette nouvelle est un coup dur, tant la Cambre était devenue un des foyers vivants de l’Église dans la capitale.

"Il était devenu de plus en plus difficile, vu les défis pastoraux de l’Église de Bruxelles d’une part, et les enjeux propres à l’abbaye de Leffe d’autre part, de maintenir telle quelle cette présence", précise en effet le communiqué. Entendez que Leffe a besoin de renforcer sa communauté, et que la mayonnaise ne parvenait plus à prendre entre la vocation particulière des prémontrés d’une part, l’Église de Bruxelles qui se réorganise en unités pastorales (structures qui regroupent des paroisses et induisent de nouvelles collaborations), et l’avenir de l’Abbaye de la Cambre qui est en train d’être repensé pour devenir un centre cultuel et culturel.

Un accord difficile

"Il ne faut pas chercher de fautifs", insistent plusieurs personnalités de l’Église. "Simplement un contexte particulier qui fait que les attentes et les volontés n’étaient plus toujours accordées."

"Un discernement a été opéré avec les principales personnes concernées, précise en ce sens le communiqué. Les questions ont été conjointement examinées de près. Au terme de ce processus, c’est avec infiniment de peine et de regret que tant l’abbaye de Leffe que l’Église de Bruxelles ont conclu que la collaboration entre elles, telle que mise en œuvre depuis sept ans, ne pouvait se poursuivre. Des aménagements, des délais, des alternatives ont bien sûr été envisagés, mais ils ne semblent hélas pas réalistes."

Il y a beaucoup de beaux projets à l’étude pour l’abbaye de la Cambre assurent en substance, sans plus de précisions pour l’instant, les instances de l’Église. Il reste que ce départ est douloureux pour chacune des parties. Si des lieux vivants ont encore récemment vu le jour à Bruxelles, ce départ témoigne aussi d’une Église belge qui cherche encore sa voie et sa place dans un pays sécularisé, alors qu’elle manque de bras et qu’elle doit répondre aux exigences de l’État qui la fait vivre. Une situation qui lui impose des arbitrages délicats.