D’après plusieurs sources proches du dossier, les inquiétudes s’intensifient au sujet de l’ensemble de tunnels de la zone Reyers. Une zone pour le moins névralgique puisqu’elle couvre le point de passage entre la capitale et l’E40, l’autoroute de Liège. L’on s’en souvient, à l’automne 2015, s’était déroulée la spectaculaire démolition du viaduc Reyers. Depuis, plus rien, enrage la commune de Schaerbeek. "La Région s’était engagée à aménager un dispositif temporaire , rappelle Denis Grimberghs (CDH) échevin de la Mobilité . Nous n’avons plus aucune information alors que le boulevard fonctionne toujours avec quatre bandes de circulation en moins." La commune ne cesse de demander à la Région quand le chantier va redémarrer. En vain.

Analyses en cours

Pour cause, depuis la Toussaint, la Région bruxelloise a été confrontée au "tunnelsgate", avec les fermetures en urgence des ouvrages de Stéphanie et Montgomery. Faut-il craindre un scénario similaire du côté de Reyers ?

Certaines sources affirment que l’ampleur du problème est "comparable" aux difficultés rencontrées sous la place Stéphanie.

D’autres sont moins alarmistes.

Le cabinet de Pascal Smet, ministre SP.A des Travaux publics, n’ose en tout cas pas s’avancer à ce sujet. "Les études techniques sont en cours" , poursuit son porte-parole.

Reste qu’il a déjà été demandé au gouvernement de profiter du chantier du boulevard Reyers tant attendu à Schaerbeek pour s’attaquer à la rénovation des tunnels. Le cabinet Smet est incapable à ce stade de dire si ce chantier nécessitera la fermeture de la circulation dans les tunnels concernés. Si c’était le cas, inutile de décrire l’impact d’une pareille mesure sur la mobilité dans cette partie de Bruxelles déjà fortement embouteillée dans des conditions "normales" de circulation. Le cabinet de Pascal Smet assure que le timing du réaménagement complet et définitif du boulevard Reyers (horizon 2018) ne sera pas impacté. "La rénovation des tunnels Reyers sera partie intégrante du plan global qui sera finalisé dans les semaines à venir" , dit-on au cabinet du ministre.

Des rapports alarmants

Les travaux de la commission spéciale mise sur pied au Parlement bruxellois ont permis de rendre publics une série de rapports d’experts relatifs à l’état de l’ensemble Reyers. Les inspections datant du début des années 2000 font état d’infiltrations, de dangerosité manifeste et de fissures pour le moins préoccupantes. En 2010, ce sont surtout les aménagements de sécurité qui sont pointés du doigt. Le rapport fait état d’un système de détection de fumées insuffisant, d’issues de secours trop espacées, d’alimentation en eau pour les pompiers non protégée. "En cas d’incendie, le risque de perdre la maîtrise d’une partie de l’ouvrage est élevé" , y lit-on. Le budget nécessaire pour rénover est estimé à l’époque à une trentaine de millions d’euros. "Pour certains travaux lourds, il faudra étudier la possibilité de les réaliser sous fermeture totale du ou des tubes (avec éventuellement exploitation bidirectionnelle du tube laissé ouvert), par exemple en période estivale" , préviennent aussi les experts.

© ipm