Un travail de fin d’études défendu à la KU Leuven estime qu’elle n’en fait pas assez.

Sur son site, la Stib n’est pas peu fière d’affirmer qu’elle "s’inscrit comme un véritable acteur de la politique de promotion de l’usage du vélo poursuivie par la Région de Bruxelles-Capitale". Anders Brunlid, un étudiant de la KU Leuven n’est pas de cet avis… Et il l’a montré dans un travail de fin d’études à la Faculté des sciences sociales en vue d’obtenir un Master of Science en management et politiques publiques.

Certes, dans sa communication, le transporteur public de la capitale vante son accueil généreux des "deux roues" mais pour le frais émoulu diplômé, il pousse le bouchon un peu loin.

Trams et métro, vélos admis

D’accord, dit-il en substance, on doit saluer le fait que depuis 6 ans, on peut emporter son vélo dans le métro et dans les trams… D’accord aussi pour constater que la Stib s’est dotée de trams qui permettent d’accueillir aussi de un à deux vélos dans des espaces dynamiques. Dans les rames de métro "boa" c’est encore mieux : l’offre y monte à quatre espaces. Et une cerise sur ce gâteau de mariage du transport en commun et celui en solitaire est que dans les stations de métro, on prévoit de plus en plus de facilités pour amener les vélos jusque sur les quais.

Mais Anders Brunlid pointe un déni de communication à destination des cyclistes avec la circonstance aggravante que le règlement ne leur est guère favorable. Parce que les vélos ne sont pas admis aux heures de pointe, entre 7 et 9 heures du matin et entre 16h30 et 18h30, ni dans les bus ni sur des trams plus anciens…

Un réseau trop saturé

Le "hic" est qu’on trouve très peu d’informations aux arrêts de tram et dans les stations de métro. Brunlid fait aussi remarquer que la saturation du réseau est aussi une limite à la multiplication de la présence de vélos. Ainsi, un conducteur peut refuser l’accès de cyclistes si la place devient trop étriquée.

Anders Brunlid plaide pour une meilleure information dans les installations de la Stib. Mais le recours plus systématique au transport mixte doit aussi passer par de meilleures infrastructures d’accueil pour les "deux roues", entendez : la multiplication de parkings pour vélos qui seraient protégés comme à Munich ou à Amsterdam. Et Brunlid franchit encore un pas supplémentaire : la Stib pourrait consacrer un budget propre pour ces installations-là et y déléguer des membres de son personnel. Selon le chercheur, la Stib doit considérer la mobilité cycliste comme une alliée, pas comme une rivale.

L’agence Belga a interrogé la Stib qui a répliqué qu’elle envisageait d’offrir plus de confort aux usagers-cyclistes. Pour l’heure, c’est impossible à cause de la saturation du réseau. Pour la Stib, l’usager-cycliste n’est pas un concurrent parce que l’intermodalité est au cœur de la stratégie de la Stib. Mieux : la mise en place de métros automatiques devrait permettre d’améliorer le sort des cyclistes.Christian Laporte