La ministre de la Mobilité mise sur ce moyen de transport pour tenter de désengorger Bruxelles.

 BruxellesD’après Bruxelles Environnement, le trafic de camions et de camionnettes est responsable de 25 % des émissions de CO2 en Région bruxelloise. La pression du transport de marchandises devrait s’accentuer fortement avec des flux de marchandises en augmentation en Belgique de 68 % entre 2010 et 2030.

Un moyen de remédier à la situation, et d’éviter que des camions se retrouvent en permanence dans la circulation bruxelloise, consisterait à augmenter les transports via les vélos cargos.

"Les vélos cargos constituent un excellent moyen pour faire face à la crise du dernier kilomètre et ce pour tous les types de transport de marchandises d’une distance inférieure ou égale à 7 km et pesant moins de 200 kg/m3. Les vélos cargos pourraient donc remplacer plus de la moitié de la logistique et un quart des livraisons commerciales à Bruxelles", assure le député PS Julien Uyttendaele, qui a interpellé la ministre de la Mobilité Elke Van Den Brandt (Groen) en commission Mobilité du parlement bruxellois. "Les vélos cargos ont cet avantage de pouvoir manœuvrer dans les zones réservées aux véhicules, aux piétons et aux cyclistes. Paradoxalement, malgré une vitesse de pointe moindre, les vélos-cargos peuvent donc s’avérer plus rapides que les véhicules motorisés."

Par ailleurs, le recours à ce type de transport constituerait une aubaine pour la création d’emplois, assure Julien Uyttendaele. "Le permis de conduire n’est pas exigé pour conduire un vélo cargo, ce qui pourrait être une opportunité pour les chercheurs d’emploi qui ne le possèdent pas. Rappelons que le secteur de la logistique, du transport de marchandises et du commerce de gros représente plus de 10 % de l’emploi régional bruxellois. Il s’agit en outre d’emplois qui sont totalement non-délocalisables. L’emploi en Région Bruxelles-Capitale, et notamment peu qualifié, pourrait ainsi être dynamisé grâce à l’innovation et la mutation du secteur du transport en milieu urbain."

Reste un soucis majeur pour concrétiser la multiplication de ce type de transport : régler le soucis de la largeur limitée des pistes cyclables. "Dans le cadre de la construction des futures pistes cyclables, il sera indispensable que l’on puisse permette à ces vélos cargos de circuler et de se croiser car le problème a été soulevé par certains opérateurs", conclut Julien Uyttendaele.

Ce mode de transport constitue donc l’avenir de la mobilité des produits de marchandises, comme le certifie la ministre. "Les livraisons à vélo ne génèrent pas de congestion et présentent un double bénéfice pour la circulation : peu encombrantes, elles ne nécessitent jamais de stationner en double file. Très sûres pour les usagers faibles, peu polluantes et silencieuses, elles constituent donc une alternative extrêmement positive pour la fluidité et la convivialité de notre ville. Les entreprises ont un rôle important à jouer dans la transition écologique. Proximus et L’Oréal jouent ici un rôle de pionnier et la Région sera à leurs côtés et aux côtés de l’ensemble des acteurs qui souhaitent s’engager dans cette voie", conclut la ministre.