La manifestation était sobre. Deux artistes portaient des gilets de sauvetage pour faire valoir la détresse du groupe. Les interprètes se sont fait entendre à coups d'applaudissements, de huées, de sifflets et à l'aide de divers instruments bruyants. La ministre de la Culture Bénédicte Linard a reçu une délégation pour écouter leurs revendications.

"Je pense que la communauté française n'a pas anticipé la relance et pense naïvement que cette question du mètre de distance va suffire, mais la ministre dit que non et qu'elle va continuer à mettre en oeuvre un accompagnement, notamment pour pallier aux pertes de billeterie", estime Thibaut Nève, artiste-interprète, co-organisateur de la manifestation.

"En cette rentrée, les salles ne vont pouvoir ouvrir qu'à 50-60% de leur capactié d'accueil et ne vont pas pouvoir garantir les emplois des artistes et techniciens. Sans doute que dans beaucoup de théâtres il va se passer ce qui s'est déjà passé ailleurs, c'est-à-dire une distribution prévue pour 20 personnes ramenée à 2. Des théâtres revoient leurs saisons en ce sens. (...) Si la ministre dit ne pas avoir le cadre légal pour empêcher que nous soyons licenciés de façon massive, il est de son devoir de communiquer clairement, de nous accompagner et de rechercher des moyens budgétaires pour la reprise".

Le ministre du Budget Frédéric Daerden s'est également engagé à recevoir une délégation représentant ce groupe d'interprètes dans les prochains jours.

Une pétition demandant à protéger les emplois des artistes face aux pertes au niveau des billeteries compte quelque 600 signatures.