"A La Vertu, l'enseigne ment", "Silence, on vire", "Liberté, légalité, licencié" : munis de pancartes aux slogans bien sentis, une quinzaine de professeurs et éducateurs de l'école islamique La Vertu ont manifesté devant l'établissement ce mercredi matin. En cause : le licenciement, la veille, d'une dizaine de professeurs. "Les enseignants ont été convoqués le 1er septembre pour apprendre qu'ils n'étaient pas repris. L'annonce a été faite devant tout le monde et on ne nous a même pas laissé le temps de vider notre armoire. La direction a même menacé d'appeler la police si on ne partait pas dans les vingt minutes. C'est totalement irrespectueux, d'autant que les nouveaux professeurs auraient été engagés en juin : pourquoi ont-il attendu aussi longtemps pour nous annoncer la nouvelle ?", s'interroge Souhaila Allaf, une enseignante licenciée.

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"Deux délégués syndicaux sont concernés. Et la direction a admis qu'il s'agissait de bons professeurs mais estime qu'ils mettaient une mauvaise ambiance dans l'école. Cela montre bien que c'est une décision punitive puisqu'en réalité, ces professeurs dénonçaient la mauvaise gestion de l'établissement", estime Marc Mansis. Selon le secrétaire général de la CGSLB, la décision prise par le pouvoir organisateur (PO) de l'école est illégale. "La législation impose que les professeurs temporaires bénéficient de certaines priorités après quelques années de service. Si le PO souhaite les écarter, il doit demander l'avis de la Chambre des recours de l'enseignement fondamental libre confessionnel. Le PO est complètement dans son tort. De toute ma carrière, je n'ai jamais assisté à pareille situation."

Les professeurs licenciés et des anciens collègues venus les soutenir pointent l'absence de concertation au sein de l'école schaerbeekoise. "La direction et le PO essayent de faire régner un climat de terreur. Ils prennent des décisions arbitraires, au détriment des élèves et des professeurs. On vit dans la menace et le mépris. Le vice-président du PO nous a dit "Vous allez pleurer des larmes de sang". Un autre nous a dit qu'il avait "des armoires pleines de dossiers sur nous". C'est une zone de non-droit et ils nous disent que si on n'est pas contents, on n'a qu'à aller au tribunal."

Soutenue par le syndicat libéral, Souhaila Allaf et ses collègues ont entamé des procédures juridiques. "Dans un premier temps, j'ai été abattue car c'est difficile à accepter mais je puise ma force dans ma rage et ma déception. Je me sais soutenue et dans mon droit, ça aide."