Comme tous les week-ends depuis deux mois, la place Flagey d’Ixelles est animée par son marché. Fruits, poulets rôtis, fromages, babioles ou encore vêtements, tout y est. Seule différence notable par rapport aux autres fois : le port du masque est désormais généralisé. Mesure obligatoire dans les marchés depuis les annonces du CNS jeudi, elle est bien suivie par la grande majorité des citoyens.

Quelques dizaines de contrevenants sont tout de même remarqués au fil de la matinée. "Je suis contre le port du masque. On ne me mettra pas une muselière", affirme fièrement Gérard qui se dit prêt à discuter avec la police si elle vient lui mettre une amende. Mais la police n’est pas présente ce samedi matin sur le marché. A deux, trois reprises, ce sont les passants qui ont joué son rôle. "C’est sur le nez, pas sur le menton", s’agace l’un d’eux auprès d’une autre personne. Une petite invective et chacun repart de son côté. Rares sont ici les opposants au port du masque.

Pour la plupart, ils ne sont pas au courant de l’obligation de porter ce masque. Erreur d’inattention ou souci de communication, "ce n’est pas un acte politique", s’en amuse-t-on. "Ah oui c’est vrai, il faut le remettre", notent, souriantes, Carine, Cathy et Sophie en se levant de table sur une terrasse voisine après avoir fait le tour du marché. Même si, pour Carine, c’est "une horreur" de le porter, elle le fait de bon cœur. "Pour se protéger soi et pour les autres", précise Sophie. "Les gens qui ne portent pas de masque ne se rendent pas compte des conditions à l’hôpital, ça ne les concerne pas", s’indigne Cathy, qui travaille dans le secteur hospitalier.

Si les consignes sont bien suivies sur le marché, c’est plus difficile dans certaines rues.

Au niveau du cimetière d’Ixelles, le port du masque est obligatoire dans l’avenue de l’Université et la chaussée de Boondael depuis ce samedi. Environ une personne sur trois n’en portait pas, ou pas correctement, quand nous y étions, que ce soit dans la rue, dans la file d’attente à la boulangerie ou à l’entrée du cimetière. "Je ne le mets pas car il n’y a pas grand monde autour de moi", se justifie Mohamed, en attendant son bus. "Je le mettrai quand je serai au travail, pas avant", renchérit Kévin.

La commune d’Etterbeek a obligé le port du masque dans certains lieux dès le mois de mai. Si cela est bien suivi rue de Tongres, ce n’est pas le cas dans le quartier de la Chasse. De nombreuses personnes avancent à visage découvert dans la chaussée de Wavre. "Je dois juste traverser une rue pour aller au travail, je ne vais pas mettre un masque à chaque fois", explique Paul, parmi les nombreux passants dans l’avenue de la Chasse, où le masque est obligatoire à un bout de la rue mais pas à l’autre.