Bruxelles

Nouvelle épine dans le pied pour Pascale Peraita et Yvan Mayeur. Après le rapport de l’Inspection des Finances pointant un manque de transparance dans la gestion du Samusocial, voici qu’il apparaît que la directrice de l’ASBL s’occupant des sans-abri bruxellois habite un logement du CPAS, comme le révélaient nos confrères du "Soir" lundi matin. Il s’agit d’un appartement situé dans le complexe dit de la Savonnerie qui en compte 42, précisait hier après-midi le CDH de la Ville de Bruxelles depuis les bancs de l’opposition. "Le projet Savonnerie est inclus dans le contrat de quartier Notre Dame au Rouge/Van Artevelde", relevait par communiqué Joëlle Milquet, chef de groupe humaniste à la Ville.

Elle rappelle "que les logements du CPAS ayant fait l’objet d’une rénovation subsidiée par la Région dans le cadre notamment d’un contrat de quartier doivent respecter des conditions financières strictes quant aux revenus des locataires". Et de citer l’Ordonnance organique de la revitalisation urbaine du 28 janvier 2010 et ses arrêtés d’exécution plafonnant ces revenus à "37.394,90 euros bruts en 2012 pour un ménage à deux revenus". "Ce qui n’est manifestement pas le cas de l’actuelle directrice du Samusocial, dont le salaire atteint les 192 .705 euros bruts (charges patronales et primes de garde et horaires décalés comprises)", ajoute-t-elle en référence au salaire mis en évidence par l’Inspection des Finances.

Les humanistes contredisent par ailleurs Yvan Mayeur (président du CPAS et du Samusocial) qui indiquait hier dans la presse qu’il ne s’agissait en rien de logements sociaux. Ce complexe est pourtant considéré comme tel sur le site du futur bourgmestre de la Ville de Bruxelles, fulmine le CDH. "Il est également choquant de constater que dans la brochure vantant l’immeuble concerné, il est question de "donner priorité aux habitants du quartier Anneessens bénéficiant de l’aide sociale du CPAS", ce qui n’est évidemment pas le cas de la directrice du Samusocial", ajoute Joëlle Milquet. Signalons que Pascale Peraita, pressentie pour diriger le CPAS de la Ville une fois Yvan Mayeur bourgmestre, est également rémunérée pour la présidence du Conseil d’administration de l’hôpital Saint-Pierre. Dans ces conditions, comment a-t-elle pu obtenir un appartement à vocation sociale ? Et comment vérifie-t-on que les locataires de ce genre de projet répondent aux critères de revenus imposés ?

Un contrôle fructueux

"La Libre" a interrogé Evelyne Huytebroeck (Ecolo), ministre en charge des contrats de quartier et donc du projet de la Savonnerie. "Il va de soi que nous sommes vigilants", répond son cabinet. La ministre en veut pour preuve le contrôle effectué récemment sur le site en question et concluant au non-respect des règles d’attribution pour l’un des logements du complexe, occupé depuis le 1er septembre 2011. L’administration régionale s’est fendue d’un courrier au CPAS pointant un appartement trois chambres habité par un ménage de trois personnes gagnant plus de 91.000 euros par an alors que le montant maximal autorisé n’excédait pas 29.300 euros environ.

En conséquence, l’administration de la Rénovation urbaine a tout simplement demandé au CPAS le remboursement du subside régional correspondant à l’aménagement de l’appartement. Soit un montant d’un peu moins de 32.000 euros. Dans sa réponse datée du 6 juillet dernier et signée par Yvan Mayeur, le CPAS de la Ville s’incline volontiers et accepte de rembourser le subside. Rien n’indique que l’appartement visé est celui de Pascale Peraita mais la question mérite d’être posée compte tenu des dernières révélations la concernant.