Depuis septembre, les élèves de l’athénée Toots Thielemans à Molenbeek sont privés de cours pratiques.

En septembre dernier, l’athénée royal Serge Creuz a été scindé en deux écoles : Toots Thielemans et Sippelberg. "Au cours de l’organisation de cette scission, énormément de promesses ont été faites. On nous a dit que douze millions d’euros seraient débloqués pour la rénovation des bâtiments et que nos emplois ne seraient pas menacés", explique une professeure, estimant que le corps professoral n’a été écouté qu’en surface.

Plus que l’état de l’école, c’est l’accessibilité de certains locaux qui pose problème : alors que les enseignants le jugent conforme, l’atelier de l’école a été déclaré insalubre. Et aucun autre local n’a été mis à leur disposition depuis. "On nous avait promis que nos élèves auraient accès à un atelier flambant neuf en septembre, on attend toujours ! Nos élèves n’ont aucune pratique et tournent en rond comme des lions en cage." Déterminés à offrir un enseignement correct à leurs élèves, les professeurs de pratiques les ont emmenés jusqu’à Mons et Tournai, où des ateliers étaient accessibles.

"Les syndicats étaient un peu étonnés en l’apprenant mais on ne va pas garder des gaillards de 18 ans en classe à ne rien faire !" La situation pèse de plus en plus sur le personnel comme sur les élèves. "Ils étaient si joviaux, maintenant c’est le décrochage et la déprime." Un prof de mécanique automobile ajoute : "Ils ont besoin de voir avec leurs mains. C’est décourageant d’enseigner dans ces conditions parce qu’on montre dans le vide."

Aujourd’hui, en signe de protestation, les élèves ne remonteront pas en classe après 10 h 30. Les professeurs observeront une grève d’une heure dans la foulée. "On sait que la direction est impuissante et on ne veut pas faire de tort à cette nouvelle école mais il est temps que ça bouge." Une réunion est par ailleurs prévue entre le pouvoir organisateur et les directions des établissements Toots Thielemans et Rive gauche. La Fédération Wallonie-Bruxelles entend rendre les ateliers du second accessibles au premier. "C’est peut-être une solution à court terme mais on ne veut pas dépendre d’une autre école à long terme. On ne veut pas que notre école ferme l’année prochaine", réagit un professeur.