Bruxelles

La nouvelle sortie médiatique de ce mardi de la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) sur le Plan Canal a indisposé ses partenaires CDH et Ecolo.

“Je ne suis pas contre les renforts policiers, il en faut aussi, mais nous avons d’urgence besoin de renforts au sein du service Démographie pour faire le suivi des dossiers. Le personnel est en sous-effectif et sous pression. Cela ne va plus! Deux employés viennent de partir à la pension et un troisième est sur le point de le faire. Trois employés avec 40 ans d’expérience qu’on ne pourra remplacer parce que la commune est sous tutelle!”, insiste l’échevine de l’État civil et la Démographie Ann Gilles-Goris (CDH). Ce mardi, l’édile a tenu à réagir après la présention hier dans la presse par la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) des premiers résultats du plan Canal, un dispositif de renforcement policier dans la commune. A l’instar de sa collègue Ecolo, l’échevine de la Jeunesse Sarah Turine, Ann Gilles-Goris regrette une trop grande médiatisation de la politique sécuritaire.

Dans la Libre et la DH de mardi, la libérale a détaillé, chiffres à l’appui, les nombreux résultats obtenus grâce aux renforcement policier mis en place dans la commune dans le cadre du Plan Canal. Les quelque 5.000 contrôles de domicile visant 12.444 des 100.000 habitants de la commune, effectués entre février et août 2016, ont ainsi mené à la radiation de 589 personnes des registres de la population, y apprend-on notamment. Pas moins de 450 ASBL ont également fait l’objet d’un contrôle approfondi, dont 91 sont considérées comme suspectes pour blanchiment, terrorisme ou drogues, ajoute encore Françoise Schepmans. Une sortie sécuritaire qui indispose Ecolo et CDH, les deux partenaires du MR, au sein de la majorité.

“Le chiffre de 600 radiations est le même que celui des autres années. Ces chiffres n’ont rien à avoir avec le plan Canal. Ces renforts policiers sont utiles, mais les dossiers qu’ils préparent atterrissent au service Démographie qui est en nombre insuffisant pour les traiter”, explique Ann Gilles-Goris. Pour Sarah Turine, si un tel article permet éventuellement de rassurer les gens ne connaissant pas la commune, son impact pourrait être négatif auprès d’une partie de la population molenbeekoise. “Il y a une disproportion dans le sécuritaire et la communication qui va avec. Cela renforce la méfiance sur le terrain”, indique l’écologiste.

Dans sa lutte contre la radicalisation, la commune avait à plusieurs reprises expliqué dans le passé vouloir mettre l’accent sur trois volets en particulier: le répressif, le préventif et l’administratif. Depuis lors, malgré les différents cris d’alarme de Sarah Turine dans les médias, le nombre d’éducateurs de rue reste insuffisant. Quant au fameux règlement Domiciliation de sa collègue humaniste, il est au frigo depuis le mois de mai. Si la majorité n’est absolument pas en danger, la sortie de Françoise Schepmans a donc crispé ses partenaires.


“Il fallait communiquer”

“Il fallait communiquer sur ces premiers résultats du plan de renfort policier pour montrer à certains, comme le bourgmestre de Vilvorde (SPA), que les communes bruxelloises agissent dans le cadre de la lutte contre le radicalisme. Il s’agit de chiffres fournis par la police dont le collège a eu connaissance. Il faut aussi évidemment des moyens supplémentaires pour l’administratif et le préventif.”