Bruxelles

Des représentants musulmans en Belgique ont mis en cause lundi soir le mouvement salafiste sunnite dans l'incendie criminel qui a visé une mosquée chiite de Bruxelles et tué son imam, asphyxié par les dégagements de fumée.

La vice-présidente de l'Exécutif des musulmans de Belgique, Isabelle Praile, elle-même chiite, a estimé que les témoignages recueillis à la mosquée pointaient du doigt une action des extrémistes salafistes.

"Le centre islamique Rida, qui est la plus importante mosquée chiite de Bruxelles, avait déjà dû être placée sous la protection de la police, voici quelques années" à la suite de menaces des salafistes, a dit Isabelle Praile.

La police a indiqué de son côté qu'il était "trop tôt" pour évoquer des pistes. Un autre responsable chiite, Azzedine Laghmich, travaillant dans la mosquée, a aussi affirmé que les slogans criés par l'agresseur ayant mis le feu à la mosquée pointaient en direction du mouvement salafiste anti-chiite. "C'est un salafiste, tous les témoignages des gens présents le montrent", a-t-il dit à l'AFP.

Selon lui, l'homme est entré dans l'édifice et y a mis le feu avec de l'essence avant d'essayer d'en sortir en criant des slogans salafistes liés au conflit en Syrie. Mais il a été bloqué par des passants et fidèles qui l'ont enfermé à l'intérieur de la mosquée qui prenait feu, avant qu'il ne soit arrêté par la police.

"L'imam décédé a lui essayé d'éteindre le feu dans un premier temps avec un autre responsable de la mosquée, une personne âgée, mais il n'y est pas parvenu. Tous deux ont ensuite essayé de sortir par l'étage mais seulement l'un d'entre eux a pu y parvenir", a souligné ce responsable.

La victime s'appelait Abdallah Dadou selon la RTBF. Elle était âgée de 47 ans environ.

Plusieurs personnalités politiques ont condamné l'incendie dont Joëlle Milquet, ministre de l'Intérieur qui s'est rendue sur place.

Sur twitter, de nombreux internautes mais aussi des médias relayaient abondamment l'information.