Bruxelles

Ce mardi, La Capitale affirmait que "des mails signés par ou adressés à l’ancien bourgmestre Philippe Moureaux (PS) ont disparu des serveurs informatiques" de l'administration communale de Molenbeek. Le quotidien bruxellois se demandait notamment s'il s'agissait d'une "suppression délibérée visant à cacher des dossiers compromettants ou (d'un) simple couac informatique?".

Contacté par LaLibre.be, Philippe Moureaux évoque "un montage calomnieux pur et simple". Lorsque j'ai quitté la commune, j'ai demandé que mes comptes soient supprimés du réseau Iris. Mais m'accuser d'entrer dans les mails des autres, et me présenter comme le 'démiurge de l’informatique', vous imaginez ? J'en suis incapable. Ils sont fous", lâche-t-il, incrédule.

Il est vrai que ces accusations semblent pour le moins surprenantes. De l'aveu même de l'échevin libéral Olivier Mahy, "les messageries ne se gèrent pas en interne. Nous avons les assurances qu’il ne s’est rien passé chez nous (...) Un piratage interne est exclu".

Mais pourquoi alors proférer de telles accusations alors que le socialiste n'est plus à l'avant-poste à Molenbeek et qu'il ne compte pas y revenir ? "Le but est de mettre le doute sur mon honnêteté. J'ai gardé une aura dans la population. Peut-être fait-elle peur. Ou peut-être que ces accusations servent à cacher l'impuissance de la majorité en place...", s'interroge-t-il.

A nos confrères de La Capitale, l'échevin des Sports et tête de file cdH dans la commune, Ahmed El Khannouss, avait exprimé son "effarement". "Après le 14 octobre, j’ai été intrigué de constater que tous les échanges avec le bourgmestre étaient introuvables. Etonnant ! Comme il y a eu évacuation de certains cartons... Ce sont des pratiques qui rappellent un peu le Watergate..."

De con côté, Philippe Moureaux soupçonne l'humaniste d'avoir répandu cette fuite dans la presse. "Il est toujours à l'origine de toutes les crasses. Et certains, dans les médias, se font son porte-coton. Il existe une vraie complaisance entre El Khannouss et certains journalistes", accuse le socialiste. Et de pointer "les problèmes de la presse, qui relaient des informations erronées sans vérifications".

Sur Twitter, "Flupke Moustache" annonçait ce mardi soir "ne plus exclure une plainte pour calomnie face à une série de mensonges avérés".

A LaLibre.be, il dit maintenant hésiter. "Mais si cela continue, pourquoi pas. Je vais monter un dossier avec les différentes attaques et on verra."

Ce mercredi, le collège communal devrait débattre de cette polémique. Une plainte pourrait également être déposée.