L’étude demandée par Bianca Debaets pointe la zone du Canal comme très peu sûre.

Neuf personnes LGBTQI + sur dix ont déjà subi des violences verbales ou psychologiques. Trois sur dix rapportent avoir déjà été confrontées à de la violence physique. Notre cadre législatif ouvert en termes de mariage homosexuel et d’adoption pour deux parents du même sexe ne semble pas suffisant pour faire de la Belgique un territoire accueillant pour la communauté LGBTQI +. Pour clarifier ces données, Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État à l’Égalité des chances a commandé une étude dressant un portrait plus précis de la situation à Bruxelles.

"Nous voulions en savoir un peu plus sur les personnes LGBTQI + qui ont été victimes de violences en ville, comment elles vivaient cela et quelles étaient leurs suggestions en matière de changements à apporter." Qualitative, l’étude a interrogé huit femmes et six hommes sur leur vécu et leurs ressentis. Ces quatorze répondants décrivent Bruxelles comme une ville tiraillée : d’un côté, très ouverte et diversifiée, de l’autre, plus sombre, intimidante et violente. "Il y a tellement de cultures, de religions et de personnes différentes. C’est un vrai mélange. Alors oui, il est normal qu’il y ait aussi des homophobes ici", estime Olivier.

"Il n’y a pas de zones totalement sûres à Bruxelles. Je ne peux pas faire tout ce que les hétéros font. Mais c’est vrai que dans des endroits comme Saint-Gilles ou Ixelles, je dois moins réfléchir avant de tenir mon partenaire par la main", poursuit Sam. Tandis que des communes comme Ixelles, Etterbeek et Forest sont perçues comme sûres, d’autres quartiers ne permettent pas à la communauté LGTBQI + de se sentir en sécurité. C’est notamment le cas de la zone du Canal mais aussi de celle de la Bourse. L’étude note que le sentiment des répondants vis-à-vis du boulevard Anspach est fortement lié à la perception de la dégradation du centre-ville : déchets, sans-abri et groupes de jeunes rendent le lieu moins accueillant pour tous.

Les répondants soulignent par ailleurs la discrimination au sein même de leur communauté, signe notamment d’une société encore trop machiste et raciste. "Pour les hommes blancs homosexuels, c’est OK à Bruxelles. Il y a une rue pour eux. Pour les autres, il y a plus de problèmes", constate Alice. Les victimes ne signalent pourtant que très rarement les agressions qu’elles subissent : "On ne peut quand même pas aller à la police pour chaque insulte subie, surtout vu la manière dont les policiers nous traitent."

Pas vraiment étonnée par ces constats, Bianca Debaets se réjouit qu’une étude objective enfin la situation à Bruxelles. "Nous allons poursuivre le plan anti-homophobie lancé il y a deux ans pour continuer à sensibiliser la police et la population à cette problématique."