Des pelouses pour les inhumations, un colombarium et une zone de dispersion de cendres : le cimetière de Woluwe-Saint-Pierre s'agrandit pour accueillir... vos animaux domestiques. Premier cimetière du genre à Bruxelles, le projet entend changer les mentalités. "Un animal mort est aujourd'hui considéré comme un déchet à haut risque, selon un arrêté gouvernemental de 2002, rappelle le bourgmestre Benoit Cerexhe (CDH). Il doit donc être incinéré ou envoyé dans un cimetière autorisé."

Oui, mais voilà : aucun cimetière de ce type n'existait dans la capitale. De nombreux maîtres enfreignent donc la loi en jetant leur animal décédé à la poubelle ou en l'enterrant dans le jardin ou dans un parc. "Des habitants m'ont alerté à plusieurs reprises qu'une dépouille devenait visible çà et là, parfois à quelques mètres d'une plaine pour enfants."

Commune très verte et dont près de 20% de la population a plus de 65 ans, Woluwe-Saint-Pierre se présente comme une candidate de choix pour ce projet pilote. "Les animaux domestiques peuvent être de véritables compagnons de vie pour leur maître, notamment pour les seniors. En mai dernier, nous avons recensé environ 5 000 chiens et 700 chats pucés dans la commune."

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Si les autorités locales assurent que le projet répond à une demande citoyenne, elles précisent qu'il n'a pas été simple à mettre en place. "C'est une première, on a du créer une réglementation spécifique sans avoir de modèle. C'était compliqué parce que Bruxelles Environnement considère les animaux morts comme des déchets. Au départ, ils voulaient donc traiter le cimetière comme une décharge. Après plusieurs mois de débats, on a pu obtenir une dérogation communale", explique le responsable du cimetière El Bachir El Ahmadi. 

Répondant à un appel de la Région, Woluwe-Saint-Pierre a aménagé une friche de 260 m² se situant à l'avant du cimetière communal. L'espace dispose de 70 places en pleine terre pour les inhumations, d'un colombarium de 105 places pour les animaux incinérés et d'une pelouse de dispersion. Pour l'heure, les enterrements sont réservés aux chiens et chats pucés tandis que la dispersion des cendres est ouverte à tout animal domestique.

Le cimetière, qui a coûté environ 100 000 euros dont 30 000 de subsides régionaux, est ouvert depuis la fin novembre. 150 euros pour cinq ans non-renouvelables vous seront demandés pour une place en pleine terre et 100 euros pour une place dans le colombarium, également pour cinq ans. La dispersion des cendres est quant à elle gratuite pour les habitants de la commune et coûtera 50 euros aux non-résidents.