Bruxelles

Plus que six semaines nous séparent désormais de la phase de test de la piétonnisation du centre-ville. En effet, une grande partie du boulevard Anspach sera réaménagée en piétonnier à partir du 29 juin 2015. La circulation des voitures y sera donc forcément interdite. Et comme nous l’avons déjà évoqué à de multiples reprises dans nos pages, la piétonnisation s’accompagnera d’un nouveau plan de circulation. Autour de la future zone piétonne, une boucle de desserte passera notamment par les rues Van Artevelde, Fossé aux Loups, du Lombard, des Six Jetons, des Alexiens, de l’Ecuyer et le boulevard de l’Empereur.

Mais le piétonnier n’entraînera pas uniquement des bouleversements pour les automobilistes. Les usagers des transports publics, en particulier ceux des bus qui circulent en surface, auront également leur lot de changements puisque les terminus seront déplacés hors de la future zone piétonne. Voici donc où les bus du centre-ville débuteront et finiront désormais leur trajet.

Plusieurs lignes de bus qui se rendent pour l’instant jusqu’à la place De Brouckère devront prochainement achever leur course à la Gare centrale où sera aménagée une importante zone de terminus dans la rue Cardinal Mercier. Ce sera le cas des bus 38 et 63. Rien ne change pour le bus 65 dont le trajet s’achève déjà à la Gare centrale. C’est également de là que devraient démarrer les diverses lignes Noctis.

Un nouveau terminus sera également aménagé dans la rue des Halles. Celui-ci sera la nouvelle destination de trois lignes de bus en provenance du sud et de l’est de la Région bruxelloise, à savoir les bus 29, 66 et 71 qui s’arrêtent actuellement à l’arrêt De Brouckère.

Le 86 reliera les quartiers

Afin de relier entre eux les quartiers du Pentagone, le bus 86 qui relie pour l’heure les arrêts Machtens et De Brouckère va changer d’itinéraire. Il empruntera la boucle de desserte locale qui fait le tour du piétonnier. Même si cela a moins d’importance pour une ligne fonctionnant en boucle, sachez que le terminus est prévu à la Gare centrale.

Du changement aussi pour deux lignes de bus en provenance du nord de la capitale. Les bus 47 et 88 qui finissent pour l’instant leur voyage à De Brouckère passeront bientôt par le boulevard Emile Jacqmain et le boulevard Adolphe Max où se trouvera le nouveau terminus.

Le bus 46 changera également d’itinéraire. Celui-ci passera par les rues de la Senne, du Grand Serment, Antoine Dansaert et Van Artevelde avec un nouveau terminus situé dans la rue Marché aux Grains et non plus à De Brouckère.

Le terminus des bus 48 et 95 est prévu dans la rue du Lombard. Ce qui n’empêchera pas ces deux lignes de continuer à desservir le Plattesteen comme le montre l’infographie. La localisation exacte du terminus de ces deux lignes fait encore l’objet de discussions. Celui-ci pourrait être scindé en deux avec un arrêt dans le bas de la rue du Lombard et un second en haut de la rue. Bref, pas de quoi faciliter la vie des usagers de la Stib.


La Stib mise devant le fait accompli

La mise en piétonnier du centre-ville améliorera-t-elle la mobilité des usagers des transports publics ? Pas si sûr… L’écartement des terminus de la zone piétonne créera, par exemple, de nouvelles ruptures de charge. Un usager de la ligne 38 ayant l’habitude de se rendre jusqu’à De Brouckère devra descendre à la Gare centrale pour ensuite monter dans un autre bus (le 29, le 66 ou le 71) qui descendra jusqu’au nouveau terminus de la rue des Halles. 

Pourquoi les bus ont-ils ainsi été évacués du futur piétonnier ? A bonnes sources, il nous revient qu’il s’agit d’une décision prise unilatéralement par la Ville de Bruxelles, initiatrice du piétonnier. Pour les autorités locales, faire circuler des bus dans une zone piétonne serait une hérésie. Cette vision est d’ailleurs soutenue par le ministre régional de la Mobilité Pascal Smet (SP.A) qui siège également sur les bancs de la majorité à la Ville. 

Mise devant le fait accompli, la Stib a été obligée de s’adapter sans avoir son mot à dire. En interne, certains ont visiblement trouvé cette absence de collaboration un peu rude. D’autant plus que la société des transports bruxellois doit désormais faire face à des coûts imprévus liés au déplacement des terminus, dans une année où elle se voit justement imposer des économies.