Il y a peu, Yvan Mayeur (PS), bourgmestre de la Ville de Bruxelles, déclarait s’attendre à d’autres recours contre son piétonnier. Il avait vu juste…

Lundi, l’avocat de deux associations de commerçants, le Groupement des commerçants du centre-ville et Bruxelles Port de Mer, a déposé auprès du Conseil d’Etat des requêtes en annulation et en suspension à l’encontre du piétonnier. Sont visés : les deux permis d’urbanisme délivrés pour le réaménagement des boulevards du centre et de la place de la Bourse.

Les deux associations, soutenues par une soixantaine de commerçants qui se sont cotisés pour financer cette requête, estiment que lors de la procédure qui a mené à l’octroi des permis le 11 janvier dernier, soit l’enquête publique et la commission de concertation, leurs demandes n’ont pas été écoutées.

"Nous ne sommes pas contre le piétonnier, nous sommes pour une bonne accessibilité. Comme M. Mayeur et M. Smet ne veulent pas nous écouter, on attaque ! Nous ne voulons pas vraiment une annulation du piétonnier, nous voulons juste que les problèmes de mobilité soient réglés. Si une bonne communication est mise en place, avec des parkings, une circulation facilitée, un environnement propre et sécurisé, alors le monde reviendra et nous pourrons retirer notre requête", fait savoir Marc Withofs, président de Bruxelles Port de Mer.

"Depuis la mise en place du piétonnier, les commerces du centre-ville ont perdu 30 % de leur chiffre d’affaires. Cela crée un effet de vases communicants puisque les clients vont désormais dans le haut de la ville, voire à Louvain-La-Neuve ou à Waterloo. Il faut arrêter cet exode", répète pour sa part Alain Berlinblau, président du Groupement des commerçants du centre-ville.

Cette requête en annulation vient s’ajouter à celle de l’Arau, du Bral et d’Inter-Environnement Bruxelles qui, en février 2015, avaient déjà introduit un recours devant le Conseil d’Etat. Dans ce cas, c’était le plan de circulation de la Ville de Bruxelles autour du piétonnier qui était visé.