Les Plaisirs d’Hiver, ce sont 230 chalets de différentes spécialités répartis sur 2 kilomètres. Des activités pour les grands et les petits qui vont du spectacle son et lumière à la Grand-Place, à une exposition à la Bourse, en passant par la patinoire place de la Monnaie. En peu de temps, les Plaisirs d’Hiver sont devenus incontournables au sein de la capitale.

Initialement petit marché de Noël, l'événement est devenu 3e meilleur marché d’Europe en 2014 selon l’association " Best European Destination ". Toute organisation de ce type doit se recycler pour prendre de l’envergure et est victime de discussions liées au changement de nom, aux nuisances, etc.

LaLibre.be a rencontré son organisateur, Olivier Mees, afin de faire le point sur le plus gros événement de l’agenda bruxellois.

"Plaisirs d’Hiver" s'appelait  initialement "marché de Noël". Pourquoi avoir changé il y a quelques années ?

Nous tenons beaucoup à l’appellation Plaisirs d’Hiver, pas du tout pour des questions religieuses. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le marché de Noël n’est qu’un petit élément des Plaisirs d'Hiver, l’appellation Marché de Noël n’avait donc plus lieu d’être.

Le sapin électronique de 2012 n’était pas une initiative pour supprimer le symbole religieux ?

Le sapin n’est pas un symbole religieux. Un événement comme les Plaisirs d’Hiver a parfois besoin de programmation originale. Nous étions bien conscients qu’en supprimant, le temps d’une édition, le sapin conventionnel, ça pouvait provoquer une polémique. Nous avons assumé ce choix. Je suis convaincu que ce sont des actions à faire de manière ponctuelle, ça montre que la culture évolue, jamais il n’a été question de le remplacer définitivement.

Vous ne regrettez pas l’initiative ?

Personnellement, je suis assez content de l'initiative, on a parlé des Plaisirs d’Hiver de manière créative. Ce n’est pas facile pour un événement de faire parler de lui de manière créative avec les moyens qu’on a. Ce qui est plus regrettable, c’est la polémique communautaire qui s’est construite autour de ce sapin. On ne s’y attendait pas, c’est dommage.

© D.R

Comment est reçu l’événement auprès des riverains ?

Forcément, du point de vue des commerçants, c’est très bien reçu, vu que nous apportons 1,5 million de visiteurs en 5 semaines. Ça amène une activité économique dans des quartiers qui en ont grandement besoin. Du point de vue des riverains, je vais vous répondre franchement : plus on s’éloigne du site, plus ils sont positifs. Tout événement de cette envergure amplifie l’attractivité, mais aussi les nuisances. Qu’il soit question du problème des parkings, de la mobilité, de la propreté, etc. Mais nous sommes en contact permanent avec des associations de riverains, afin de répondre à leurs attentes du mieux qu’on peut.

Est-ce pour cette raison que la patinoire a été déplacée ?

En quelque sorte, c’était l’occasion de donner un peu plus d’espace à un quartier engorgé par l’événement.

© Bauweraerts

Cette année le Québec est votre invité. S'agit-il d'un exemple ?

Je ne parlerais pas d’exemple, mais plutôt d’entraide. Nous cherchons des villes, d’année en année, à inviter afin d’amener de la programmation. En 14 éditions, nous avons eu une dizaine de pays, villes, régions différents. Par ailleurs, Québec et Bruxelles ont un lien particulier et collaborent depuis une décennie. Québec essaye de développer un marché de Noël qui est loin d'avoir l'envergure du nôtre. C’est l’occasion pour eux de voir ce que nous faisons et nous de les accueillir. J’aime dire que le festival d’été de Bruxelles est le petit frère de celui du Québec comme le marché de Noël du Québec est celui de Bruxelles.

Qui dit Noël dit hospitalité et entraide. Que faites-vous pour les associations ?

Nous ne versons pas d’argent aux associations. En revanche, nous mettons à disposition 10 espaces gratuits pour les associations afin qu’elles puissent y faire leur promotion. C’est notre manière à nous de faire un geste.

Comment faites-vous pour garder cet esprit de Noël ?

Avant tout, nous tenons au fait que ce soit un événement familial, notamment avec la grande roue, les manèges, les expositions, etc. Nous sommes extrêmement rigides en ce qui concerne certaines règles, il y a un couvre-feu pour éviter les dérives et on limite les commerces d’alcool à un certain nombre de chalets aussi.