Depuis lundi passé, 27 policiers fédéraux ont commencé à travailler de manière effective au sein des quatre commissariats de la commune de Molenbeek. Assumant des fonctions administratives, tout en participant à des patrouilles dans les rues de la commune, ces 27 policiers représentent les premiers renforts concrets du fameux plan Canal. Un plan annoncé le vendredi 5 février par le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (NVA), avec l’objectif de s’attaquer à "la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme dans la zone du canal" dans sept communes bruxelloises (NdlR : Molenbeek, Schaerbeek, Saint-Gilles, Anderlecht, Saint-Josse, Koekelberg et Laeken) et Vilvorde.

Pour rappel, le plan prévoit de renforcer les zones de police concernées grâce à l’arrivée de 300 agents fédéraux, dont 70 dans l’immédiat, à Molenbeek (50) et à Vilvorde (20). Le ministre de l’Intérieur répondait ainsi une demande de la bourgmestre molenbeekoise Françoise Schepmans (MR), qui réclamait depuis longtemps l’arrivée de renforts policiers. Moins de trois semaines après l’annonce de Jan Jambon, Molenbeek et Vilvorde ont donc déjà accueilli respectivement 46 et 20 agents. "On a reçu une liste de 50 noms, mais en raison de congés ou de maladie, on en a actuellement accueilli 46", explique Johan Berckmans, le porte-parole de la zone Bruxelles-Ouest (NdlR : Molenbeek, Jette, Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe et Koekelberg).

L’arrivée des 46 policiers fédéraux à Molenbeek s’est effectuée en trois phases : une vingtaine d’agents ont d’abord été accueillis le 1er février, 15 autres l’ont été le 8, tandis que les 11 derniers sont arrivés les 15 et 16 février. Ces 46 policiers détachés des différents services où ils travaillaient (NdlR : police de la route, des chemins de fer, etc.) partagent un point commun : il s’agit de Wallons francophones. "Cela s’explique très simplement : il a déjà fallu trouver pour Vilvorde 20 policiers néerlandophones, et le reste était francophone", explique Johan Berckmans.

Si les nouvelles recrues n’ont pas fait leurs débuts le même jour, le planning les attendant était toutefois similaire. Les nouveaux agents molenbeekois ont ainsi été accueillis avec un petit-déjeuner, avant de recevoir deux semaines de formation. "Pendant la première semaine, on leur a expliqué ce qu’était Molenbeek, d’un point de vue géographique et statistique. On leur a fait visiter la commune, et ils se sont aussi entraînés au pistolet/revolver durant une demi-journée", indique la zone Bruxelles-Ouest. Durant la deuxième semaine, les renforts, répartis en petits groupes de deux ou trois policiers, ont eu droit à un recyclage à la mitraillette. Ils ont également découvert l’ISLP, le système informatique utilisé par la zone locale. "C’est nécessaire pour faire les P.-V. Ils ont eu des exercices, même s’ils apprendront surtout en le faisant plus tard", analyse Johan Berckmans.

L’arrivée de ces 50 premiers renforts permet à la zone d’organiser, dans les prochaines semaines, un jeu de chaises musicales géant au niveau des fonctions internes. Un appel à candidatures relatif aux nouveaux postes créés dans le cadre de la lutte antiradicalisme est ainsi prévu d’ici le 1er mars.

Il est ainsi prévu que 12 hommes supplémentaires intègrent la BAB (NdlR : brigade antibanditisme), six la section Ecosoc (NdlR : dossiers financiers), 12 la cellule recherches (NdlR : comptant la cellule antiradicalisme), tandis que le nombre d’agents de quartier chargés de procéder aux domiciliations passera de 20 à 40.J. Th.