Un projet de texte est actuellement sur la table et sera bientôt déposé en première lecture.

Le plan taxi en cours d’élaboration par le gouvernement bruxellois continue de susciter des craintes manifestes auprès du secteur du transport rémunéré de personnes. Un projet de texte est actuellement sur la table et sera bientôt déposé en première lecture avant d’entrer en vigueur dans les prochains mois.

Mais cet arrêté n’est pas du goût de l’Association Belge des Chauffeurs de Limousine (ABCL), qui explique ne pas avoir été concertée. "Alors qu’il avait promis aux Bruxellois une réforme équilibrée et globale du secteur du transport rémunéré de personnes et qu’il avait promis de consulter toutes les parties dans le cadre de ce processus, Rudi Vervoort (PS, ministre-Président compétent dans ce dossier, NdlR) n’a pas tenu ses promesses", fustige Fernando Redondo, président de l’ABCL.

L’ABCL représente les intérêts de plus de 2 000 chauffeurs actifs à Bruxelles par le biais d’applications telles que Uber, Heetch et Husk. "Chaque jour et chaque nuit, nous aidons des dizaines de milliers de personnes à se déplacer en toute sécurité. Nous sommes toujours disponibles, même lorsque le reste de la ville est endormi. Nous méritons d’être entendus pour l’important travail que nous faisons", explique-t-il.

"Aujourd’hui, nous apprenons que le ministre-Président a rédigé un nouvel arrêté sans nous avoir concertés. Alors qu’il avait explicitement promis de nous consulter, la plus grande association de chauffeurs LVC (location de voitures avec chauffeur, NdlR) en Belgique, sur la réforme de notre secteur, il a seulement - et en secret - consulté les organisations de taxis. Ce n’est pas ainsi que nous méritons d’être traités, après tout ce que nous avons fait pour Bruxelles, poursuit Fernando Redondo. Il avait promis d’examiner chaque élément de la réglementation actuelle sur les taxis et les LVC mais au lieu de cela, il introduit une série d’exigences pour les chauffeurs LVC, sans y lier les avantages dont les taximen bénéficient tout en ne nous laissant délibérément pas assez de temps pour nous adapter. Il justifie ses mesures en évoquant la sécurité et de graves incidents de sécurité qui se sont produits en France et aux États-Unis. Et soyons clairs, nous devons faire en sorte que tout le monde à Bruxelles puisse se déplacer en toute sécurité. Mais il oublie de mentionner que tous nos membres ont fait l’objet de vérifications de leurs antécédents criminels et médicaux afin de pouvoir offrir leurs services par le biais d’une application. Son but réel n’est pas d’améliorer la sécurité. Son but est de rendre aux taximen leur monopole, conclut-il. M. Vervoort, nous vous demandons de mettre fin à cette escalade et de proposer à la place une réforme globale du secteur qui règle toutes les questions et les problèmes. Une réforme où toutes les parties sont respectées et où la voix de chacun est entendue."

De son côté, le cabinet du ministre-Président dément le fait qu’il n’y a pas eu de concertation. "Le secteur LVC tel que visé par la réglementation est bien représenté dans le comité consultatif. L’association ABCL n’est pas représentée en effet mais elle a été reçue plusieurs fois au cabinet Vervoort et a donc été consultée. L’arrêté qui sera bientôt déposé en première lecture au gouvernement bruxellois vise à protéger les usagers et veille à ce que les chauffeurs LVC soient soumis aux mêmes conditions d’accès à la profession que les chauffeurs de taxi."