L'intercommunale bruxelloise des eaux dément les chiffres avancés par la Coordination gaz-électricité-eau Bruxelles : 1/3 et non pas 2/3 des Bruxellois auraient été négativement impactés.

La directrice générale de Vivaqua, Laurence Bovy, proposera ce mercredi au conseil d’administration de Vivaqua de suspendre l’ordonnance induisant une hausse de 20 % de la facture d’eau pour un grand nombre de ménages bruxellois. Cette augmentation est due à l’application, au 1er janvier dernier, d’une nouvelle ordonnance modifiant le mode de calcul du prix de l’eau à destination des ménages équipés d’un compteur collectif.

Autrement dit, les Bruxellois concernés ne verront pas leur facture d’eau grimper de 20 %, pour l’instant. Les quelque 15 000 ménages ayant déjà payé leur facture version nouvelle ordonnance recevront une nouvelle facture, en mode ancien régime, de la part de Vivaqua.

Contrairement aux estimations de la Coordination gaz-électricité-eau Bruxelles (CGEE), 48,5 % - et non pas les deux tiers - des ménages bruxellois étaient concernés par cette nouvelle ordonnance. Parmi eux, 12 % auraient vu leur facture diminuer. Un tiers des Bruxellois auraient donc été négativement impactés.

Selon le ministre bruxellois en charge du dossier Alain Maron (Ecolo), la suspension de l’ordonnance sera maintenue jusqu’à l’aboutissement d’un accord global sur l’évolution tarifaire - des discussions sont déjà en cours concernant les mesures à prendre en la matière, "en ce compris sur les aspects sociaux".

Le PTB a rapidement réagi à cette annonce hier dans la journée. "Du jamais-vu. C’est pourquoi, fin 2019, nous avons introduit une proposition d’ordonnance pour faire revenir au gouvernement les décisions sur les prix d’eau. Aujourd’hui, plusieurs mois après avoir introduit notre proposition, elle n’a toujours pas été discutée au Parlement", a critiqué la cheffe de groupe PTB Françoise De Smedt au Parlement bruxellois. "Nous exigeons un débat en urgence dans la commission Environnement et en plénière pour que le Parlement se saisisse de l’accès à l’eau, qui est un vrai enjeu démocratique. Nous ne pouvons pas laisser ces décisions vitales à Vivaqua ou même à un organisme comme Brugel."

En soirée, le PS a voulu calmer le jeu, par la voix du président de sa Fédération régionale Ahmed Laaouej. "Je me réjouis de l’option qui a été prise hier soir. Conformément à l’accord de gouvernement, nous demandons une mise en œuvre rapide des tarifs sociaux. Et souhaitons qu’un projet d’ordonnance soit déposé rapidement", a déclaré le patron des socialistes bruxellois.

L’ordonnance décriée a pourtant été votée par le Parlement bruxellois l’an passé. Elle aurait même pu entrer en vigueur l’été dernier. D’aucuns s’étonnaient hier qu’aucun groupe politique ou autre association spécialisée n’ait compris les implications tarifaires que cette ordonnance allait induire…