Un chiffre en constante augmentation depuis 2016.

Les pompiers de Bruxelles interviennent plus de 10 000 fois par an pour des incendies, des demandes d’ambulances et sont parfois même appelés pour des fausses alertes. La plupart de ces opérations ont lieu sur le territoire de la région bruxelloise mais pas uniquement. Alors que le service de secours n’est censé couvrir que les 19 communes de la capitale, il sort pourtant à de nombreuses reprises donner un coup de main aux zones de secours voisines que sont le Brabant flamand et le Brabant wallon.

L’an passé, les services de secours bruxellois ont opéré hors de la capitale à 917 reprises, soit plus de deux fois par jour (2,5 exactement). Les interventions extérieures se situent d’ailleurs en bonne place dans le classement des opérations du Siamu par territoire. Elles se trouvent en septième position, juste derrière Molenbeek. C’est d’ailleurs la ville de Bruxelles qui est en tête avec 3 567 opérations.

Ces interventions hors territoire sont en augmentation depuis deux ans. Entre 2016 et 2017, le chiffre a presque doublé passant de 491 à 821. Ces résultats s’inscrivent dans une hausse globale du travail pour les pompiers bruxellois. Ils s’expliquent aussi par la localisation des casernes avancées qui ne se trouvent qu’à quelques kilomètres, voire mètres, de la frontière de la Région bruxelloise.

“Bruxelles est entourée de la Flandre et dans le cadre de l’aide adéquate la plus rapide, on doit intervenir. Quand on observe un peu, la caserne Delta, par exemple, est à 500 m de la Flandre via le Ring. Celle d’Anderlecht est aussi très proche de la frontière. C’est pareil pour Chênaie à Uccle. On peut donc être très vite sur place”, explique un pompier bruxellois.

Ces interventions présentent néanmoins un coût certain pour le Siamu. Des conventions existent pour éviter que le service de secours bruxellois intervienne gratuitement hors de la capitale. “Si on opère avec une ambulance, le montant est facturé à la personne prise en charge. Cela se fait au kilomètre parcouru. Pour le reste, des montants sont prévus pour tous les types d’intervention. L’aide adéquate la plus rapide hors de Bruxelles a un maximum fixé par le Fédéral, détaille le porte-parole du Siamu Walter Derieuw. Lorsqu’une autopompe intervient, le Siamu peut demander à la zone concernée 217,90 euros alors que pour une auto-échelle, elle a droit à 121,85 euros par exemple. Il y a aussi des rétributions régionales possibles qui sont fixées, mais à propos de choses pour lesquelles on ne nous appelle pas normalement.”


Le manque de personnel en cause

Le chiffre important d’intervention des pompiers de Bruxelles hors du territoire régional est la conséquence d’un manque de personnel dans les autres zones. C’est ce qu’indique Eric Labourdette du syndicat SLFP."On se rend compte que le poste de pompiers d’Overijse se situe à moins d’un kilomètre de chez nous et il y en a d’autres. Les zones aux alentours de Bruxelles ne mettent pas assez de personnel dans les casernes car ils travaillent beaucoup avec des volontaires. Pour avoir des secours immédiatement disponibles, on appelle alors chez nous. C’est aussi simple que cela. En quelque sorte, la province du Brabant flamand profite que la capitale a un effectif conséquent de garde tous les jours et des véhicules. À une époque, la centrale 100 de Louvain appelait même sur les postes fixes de nos casernes. Le Siamu a dû intervenir un jour pour dire Stop, car la centrale 100 de Bruxelles ne pouvait alors pas connaître la disponibilité exacte des hommes et des véhicules. Je signale qu’on intervient aussi, mais moins souvent, dans la zone Brabant wallon. C’est un souci général de manque de personnel et de moyens", explique le syndicaliste.