Bruxelles

Les forces de l'ordre ont procédé à des interpellations préventives, mettant tout en oeuvre pour éviter qu'un nombre trop important de manifestants ne se rende place du Luxembourg.

La manifestation des gilets jaunes à Bruxelles ce samedi n'a pas rencontré le succès escompté. Vers 13h, une petite centaine de manifestants a investi la place du Luxembourg, lieu de ralliement choisi à l'occasion du troisième acte des "gilets jaunes" dans la capitale. Mais sur place, un constat ressort immédiatement : les policiers sont plus nombreux que les manifestants. Un important dispositif a en effet été déployé par les forces de l'ordre pour éviter des débordements semblables à ceux des semaines précédentes.

"Le nombre de manifestants est nettement moins important que lors des mobilisations des deux semaines précédentes. Le problème est que les policiers ont procédé à énormément d’interpellations préventives, avant même que les manifestants investissent la place du Luxembourg, afin d’éviter tout débordement", confie Romain, Bruxellois pure souche. "Les groupes ont rapidement été disloqués et des gilets jaunes se sont retrouvés dispersés dans différents coins du quartier de la place du Luxembourg. Nous avons immédiatement été cadenassés par les services de police qui ont tout fait pour éviter un rassemblement massif. C’est dommage car nous voulions tout simplement manifester de manière pacifique pour faire entendre nos revendications."

Sur place, la situation était confuse. Les gilets jaunes étaient éparpillés un peu partout, sans beaucoup de cohérence. Parmi les manifestants, l'on retrouve des mouvements d'extrême droite, comme Nation. "Notre pouvoir d’achat est en souffrance et cela ne peut plus durer. Les besoins de première nécessité sont clairement touchés, comme l’accès au logement, les frais d’énergie, l’alimentation, etc. Certaines familles ne parviennent même plus s’en sortir à partir du 15 du mois. C’est surréaliste. Certains n’ont plus les moyens de payer leur factures ou d’acheter des vêtements à leurs enfants", confie Eddy De Smedt, l'un des cadres du mouvement Nation.

"J’ai participé à la première manifestation du 30 novembre qui a eu beaucoup plus de retentissement que celle d'aujourd'hui. On a fait notre devoir en venant manifester, et le but n’était pas de casser. Afin de pérenniser le mouvement, il faudrait davantage structurer les gilets jaunes en Belgique afin de faire valoir nos revendications. Ce mouvement n’a jamais été vraiment organisé. Il n'y a pas de porte-parole crédible capable de porter nos revendications via un cahier des charges bien concret. Nous n'avons jamais été reçu au 16 rue de la Loi, ce que je trouve totalement anti-démocratique, et il faudrait à présent essayer de structurer le mouvement pour qu'il puisse durer dans le temps", ajoute-t-il.

D'autres gilets jaunes semblaient quelque peu désabusés. "Sans porte-parole pour donner une orientation aux gilets jaunes, le mouvement risque de s'essouffler en Belgique. J'ignore si un nouveau rassemblement sera organisé samedi prochain", conclut un des manifestants.

Vers 15h30, les manifestants ont finalement été autorisés à entreprendre une manifestation mobile dans la capitale. Il leur a notamment été permis d'occuper quelques instants le croisement de la rue Belliard et de l'avenue des Arts.

Sur Twitter, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles a tenu à féliciter le travail des forces de l'ordre :