Le problème de la pollution de l'air n'est pas chose neuve en Belgique, et plus particulièrement en Région bruxelloise.

La ministre bruxelloise de l'Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo) a mis sur pied, en collaboration avec le Bureau européen de l'Environnement, un colloque «Air and City» auquel étaient conviés des mandataires et des experts issus de différentes villes européennes (Paris, Munster, Göteborg, Bristol et Barcelone).

Qualité de l'air prioritaire

L'objectif de ce colloque était d'échanger des points de vue sur les mesures européennes les plus pertinentes afin d'améliorer les dispositifs déjà mis en place dans plusieurs grandes villes européennes.

«Les causes de la pollution atmosphérique sont principalement les transports et le chauffage urbain», indique Evelyne Huytebroeck. De fait, selon l'Institut bruxellois pour la gestion de l'environnement (IBGE), dans la Région de Bruxelles-Capitale, le transport est responsable de 75pc des émissions de composés organiques volatils (COV), de 77pc des émissions d'oxydes d'azote (NOx) et de 80pc des monoxydes de carbone (CO). Le chauffage urbain engendre 60pc des émissions de dioxyde de soufre (SO2).

Rien d'étonnant donc à ce que «la problématique de la qualité de l'air soit la principale préoccupation des Bruxellois en matière d'environnement», explique MmeHuytebroeck. Et la raison de cette inquiétude est simple et légitime: la pollution a une influence directe sur la santé.

Les effets néfastes et insidieux de la pollution atmosphérique touchent prioritairement les personnes plus sensibles: les enfants, les personnes âgées et les malades. Et peuvent engendrer des maladies respiratoires, des cancers et une diminution de l'espérance de vie.

Mme Huytebroeck avait annoncé qu'elle dévoilerait dans le cadre du colloque des «mesures d'urgence en cas de pic de pollution». Apparemment, elle s'est laissée déborder par son enthousiasme... Car elle propose des dispositions qui visent le long terme mais qui semblent assez peu concrètes et à tout le moins guère contraignantes. Elles laissent, en tout cas, son prédécesseur, Didier Gosuin (MR), clairement sur sa faim (lire ci-dessous).

La ministre Ecolo envisage tout d'abord de créer une plateforme bruxelloise qui réunirait le ministre bruxellois de l'Aménagement du territoire, les administrations responsables des transports et de l'environnement (Stib et IBGE), le ministre bruxellois des Finances, les communes et la police.

Elle projette aussi de mettre en place un panel citoyen. Des citoyens seraient choisis en fonction de certains critères. Ils devraient répondre à une série de questions. Leurs réponses seraient reprises dans un rapport et des mesures seraient ensuite proposées.

Enfin, en cas de pic de pollution, l'information sera diffusée dans la presse et des encarts seront placés dans les tunnels afin de sensibliser les automobilistes.

© La Libre Belgique 2005